Histoire & Religion

Un demi-millénaire de Réforme en Suisse

Quand on pense à la naissance du protestantisme, c’est généralement l’Allemagne et Luther qui viennent en premier à l’esprit. Mais la Suisse a aussi apporté une contribution majeure à cette page de l’histoire religieuse. Entre la Zurich de Zwingli et la Genève de Calvin, la Suisse peut aussi faire figure de berceau du protestantisme. 

Ce contenu a été publié le 12 mars 2020 - 16:58
Corinna Staffe (illustration)

En Suisse comme ailleurs, l’essentiel des célébrations a eu lieu en 2017, année marquant le 500e anniversaire de la publication des fameuses thèses de Martin Luther en Allemagne. Mais en Suisse, le mouvement fut un peu plus tardif. 

La figure centrale de la Réforme suisse est Ulrich Zwingli. Curé de St-Gall, il arrive à Zurich en 1519 et commence rapidement à prêcher. En quelques années, l'Eglise de la ville est complètement réformée pour en arriver finalement à l’année 1525, où Zurich abolit officiellement la messe catholique. 

Fait cocasse: cette réforme qui marque durablement le paysage religieux suisse commence autour d’une histoire de… saucisse.  

Reste qu’en Suisse, la Réforme ne peut pas se résumer à un seul personnage et à un seul lieu. Genève a constitué un autre haut-lieu du protestantisme. 

L'avocat français Jean Calvin arrive à Genève en 1536. L'année précédente, à Bâle, il a publié l'un des textes théologiques les plus influents de la Réforme, l'Institutio christianae religionis. En quelques années, sa transformation rigoureuse de l'Eglise a mué Genève en l’un des phares de la Réforme à l’échelle mondiale. C'est pourquoi la ville est souvent surnommée la «Rome protestante». 

Les réformateurs de Zurich et de Genève ont donné un nouvel élan au mouvement et le protestantisme tel qu’on le connaît aujourd’hui a été fortement influencé par ce qui s’est passé dans la Confédération du XVIe siècle. En 1566, les deux Eglises parviennent à un accord doctrinal (la Confession helvetica posterior) qui sanctionne définitivement le rôle de la Suisse comme deuxième grand pôle de la Réforme, un pôle alternatif à celui des luthériens. 

L’histoire des réformateurs suisses peut sembler bien lointaine. Mais comme souvent en Histoire, il n’est pas inutile de rappeler et de commémorer les faits du passé. C’est en effet une «occasion de réfléchir à son histoire et à son identité», comme le souligne Joël Burri, rédacteur en chef de protestinfo. 

Zurich et Genève ne sont pas les seules villes à avoir rejoint la Réforme. Les idées protestantes se répandent dans de nombreux territoires de la Confédération et dans des pays alliés et sujets. Cependant, toute la Suisse n’adhère pas à la nouvelle doctrine. De nombreux territoires restent catholiques. Certaines régions sont même confessées mixtes, comme les Grisons. 

Cette suisse multiconfessionnelle que l’on connaît encore aujourd’hui naît donc en ce début de XVIe siècle. Il en résulte un paysage religieux particulièrement diversifié, avec une multitude de traditions. 

Le protestantisme a toutefois perdu beaucoup de terrain en Suisse. Il n’est plus la religion majoritaire d’autrefois. Notamment en raison de l’immigration en provenance des pays latins, le catholicisme a mieux résisté. Mais lui non plus n’a plus la même importance qu’autrefois. 

Dans les églises et les temples, les bancs sont bien clairsemés lors de la messe ou du culte. Et pour les autorités religieuses, l’expression «prêcher dans le désert» prend tout son sens. A tel point que régulièrement, une question se pose: la Suisse est-elle encore une nation chrétienne? 

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