Un rayon de soleil éclaire «Le Pont»

Le comédien Habib Dembelé. Christian Lutz

Coproduite par Paris, Genève et Lausanne, la pièce de l'auteur belge Laurent Van Wetter est à l'affiche des scènes romandes.

Ce contenu a été publié le 28 janvier 2004 - 10:11

Mise en scène par le Malien Sotigui Kouyaté, elle jette une passerelle entre les espaces francophones. Pour le meilleur et pour le pire.

C'est un spectacle de plus sur la morosité de notre société qui, fort heureusement, se laisse contaminer sur scène par la jovialité d'une présence africaine. Autrement dit, par un appétit de vivre qui permet de digérer vite le désespoir et d'éviter les relents acides du cynisme.

Il faut donc appartenir aux civilisations du soleil, que d’aucuns prétendent mortes, pour éclairer d'un rayon lumineux la vie de deux personnages suicidaires, hélas semblables à beaucoup d'êtres que produit l'Occident stressant.

Or voici deux acteurs maliens, Hassane Kouyaté et Habib Dembélé, fort bien choisis pour alléger le stress de nos deux personnages. Au Théâtre Le Poche, ils sont dirigés par le père du premier, Sotigui Kouyaté dans «Le Pont». Une pièce du Belge Laurent Van Wetter (40 ans).

Si le public romand ne connaît pas ce dernier, il a en revanche vu jouer les Kouyaté dans des spectacles de Peter Brook, comme «Le Costume», «Hamlet» ou «Le Mahabharata».

Griots de père en fils

Appartenant à une prestigieuse lignée de griots, le père et le fils maliens dégagent sur scène une force tranquille capable de calmer la plus lancinante de vos inquiétudes.

C'est le cas dans «Le Pont», spectacle coproduit par Paris, Genève et Lausanne (il sera joué à Vidy du 2 au 21 mars). Passerelle jetée entre trois espaces culturels francophones, la pièce de Van Wetter scelle l'amitié de deux hommes, AZ et BY, qui, un soir de grande solitude, se rencontrent par hasard sur un pont qui enjambe un canal.

Se jetteront-ils à l'eau? On comprend vite que les deux hommes se trouvent au-delà de cette question. Si celle-ci avait été posée par des acteurs blancs, le spectacle aurait sans doute basculé dans l'ironie dépressive.

Mais sur le plateau, la présence africaine établit avec le propos de l'auteur (quelque peu laborieux dans son humour) une distance amusante. D'autant plus appréciable que le jeu décalé des comédiens n'est nullement forcé. Il est tout simplement le reflet de leur culture axée sur un amour paisible de la vie.

swissinfo, Ghania Adamo

En bref

- «Le Pont», la pièce de l'auteur belge Laurent Van Wetter est à l'affiche des scènes romandes dans une mise en scène du Malien Sotigui Kouyaté.

- A voir à Genève, Théâtre Le Poche, jusqu'au 15 février.

- Puis à Lausanne, Théâtre de Vidy, du 2 au 21 mars.

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