Cinéma made in Switzerland, le retour!

Détail de l'affiche du film 'On dirait le Sud', de Vincent Plüss. swissinfo.ch

Depuis deux ans, le cinéma suisse renoue avec son public et fait son chemin à l’étranger.

Ce contenu a été publié le 27 décembre 2004 - 17:00

Derrière ce succès peut-être retrouvé: une volonté politique et surtout une nouvelle génération de réalisateurs.

Après son extraordinaire succès en Suisse et une sortie DVD, Le Génie helvétique du Vaudois Jean-Stéphane Bron tourne en France. On dirait le Sud du Genevois Vincent Pluss l’y a rejoint.

Dans un autre registre et quelques temps avant eux, A vos Marques, Prêts, Charlie! du Zurichois Mike Eschmann terminait 3e du box-office 2003, derrière Nemo et Matrix reloaded.

Un sursaut d’orgueil

Enfin, le cinéma suisse retrouve un écho dans les salles, après la longue traversée du désert des années 90, qui s’est prolongée au tout début du millénaire.

«Les habitants de ce pays avaient alors peu de fierté pour ce qui se faisait ici. C’était presque une tare de dire qu’on appréciait un film suisse», observe Micha Schiwow, directeur de Swissfilms, l’organe chargé de la promotion du cinéma helvétique.

2003 a marqué un tournant. Cette année-là, la production indigène a atteint 6% du box-office, surtout grâce au succès de la comédie A vos Marques, Prêts, Charlie!, un projet ouvertement commercial.

En 2004, les chiffres sont moins parlants, mais la tendance se confirme. Ainsi, Sternenberg de Christoph Schaub a enregistré 115’00 entrées. De plus, les cinéastes suisses ont été productifs et un nombre honorable de films ont été distribués dans les salles.

La part belle au documentaire

Si le film de fiction ‘made in Switzerland’ peine encore à attirer les Suisses, le documentaire, lui, séduit.

Un phénomène tout helvétique. Le triomphe du Génie du même nom en témoigne: plus de 100'000 entrées. «Les Suisses aiment les documentaires, indigènes notamment, confirme Micha Schiwow. C’est une tendance unique en Europe.»

Une ‘nouvelle vague’

Derrière tous ces succès, de jeunes auteurs: Jean-Stéphane Bron (34 ans), Vincent Pluss (34 ans), Ursula Meier (32 ans)… La ‘nouvelle vague’ du cinéma suisse qui a d’ailleurs totalement coupé le cordon avec la génération des Tanner, Soutter et autres Goretta.

Trop lent, trop sombre, trop intellectuel: le cinéma suisse souffrait, depuis longtemps, d’une image terne. Aujourd’hui, ces jeunes réalisateurs et producteurs essaient de faire des films qui sont aux goûts du public.

L’impulsion a aussi été donnée par les organes de promotion, comme Swissfilms (tout jeune lui aussi), qui ont eu le courage de soutenir des projets ouvertement commerciaux et la volonté de promouvoir la production indigène à l’étranger.

«On est sur la bonne voie, se réjouit le directeur de Swissfilms. On parvient à placer les films suisses dans le cadre de grands festivals. Du coup, il y a une nouvelle attention internationale portée sur nos réalisateurs.»

Reconnaissance internationale

Cette reconnaissance au-delà de nos frontières est importante, surtout en Suisse romande où la production helvétique peine encore à s’imposer. «Probablement parce qu’il n’y a pas cet orgueil d’avoir un cinéma local, enraciné dans le pays».

Le fait que ce cinéma-là soit apprécié (bonne critique dans ‘Le Monde’ pour Le Génie helvétique, par exemple) représente une sorte de caution. «Par ricochet, je crois qu’on peut reconquérir le public romand», se réjouit Micha Schiwow.

Apparemment, la pression politique – l’introduction de «Succès Cinéma» entre autres - a également porté ses fruits. L’objectif de cette sorte de ‘prime au succès’ est de valoriser les films qui enregistrent des entrées.

Un bel avenir


«Avant, les films qui marchaient étaient presque punis, parce qu’on flairait le commercial et on n’aimait pas trop cette odeur, observe le directeur de Swissfilms. En ce sens, la politique d’encouragement de la Confédération est efficace.»

Par contre, le soutien financier n’est pas à la hauteur des espérances de l’organe de promotion. La Suisse verse 33 millions de francs par an au cinéma. En comparaison, le Danemark offre le double.

«Il y a un effort à faire, surtout si on veut jouer dans l’arène internationale. Les talents sont là. Et, s’ils se montrent plus audacieux, plus mordants, conclut Micha Schiwow, le cinéma suisse a un bel avenir.»

swissinfo, Alexandra Richard

En bref

- Selon une étude de l’Office fédéral de la statistique, la présence de films suisses dans les salles est en hausse.

- Même s’ils restent minoritaires, les films suisses ont vu leur part de marché augmenter régulièrement et de manière significative.

- En 1993, ils ne représentaient que 3% de l’ensemble des nouveaux films sortis en salles. Cette proportion a plus que triplé en dix ans: 10% en 2003.

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