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Derib, Ceppi, Cosey... une rentrée suisse au Lombard

Cosey, une approche particulièrement épurée de la page... blanche.

Le premier retrouve Yakari, le deuxième dévoile une Genève plutôt obscure, et le troisième revient avec la réédition de l'une des ses œuvres clés.

Derib, Ceppi et Cosey, les trois plus célèbres représentants helvétiques du 9e Art ne déçoivent pas. Ni à la lecture, ni à la relecture.

Ce mois de septembre, les éditions du Lombard, à Bruxelles, ont joué la carte des sorties helvétiques.

Au rendez-vous, Derib, le précurseur du 9e Art Swiss made, Derib qui décline ses passions indiennes et sa vision spiritualiste de la nature à travers moult séries.

Cosey également, qui a appris le métier auprès de Derib, et a, depuis, développé un univers unique dans la bande dessinée.

Egalement de retour, Ceppi, qui, lorsqu'il ne parcourt pas le monde sur les traces de son héros Stéphane Clément, aime se plonger dans les eaux troubles de sa ville natale, Genève.

Heyoka

Un «Heyoka», vous savez ce que c'est? Vous l'apprendrez en lisant «Le marais de la peur», 33e aventure du petit Sioux, comme toujours dessiné par Derib et scénarisé par Job. Mais comme nous ne sommes pas chiens, nous vous apprendrons tout de même que c'est un «contraire». Qui dit au revoir avant de dire bonjour et se sèche avant de se baigner.

Non, Derib et Job n'ont pas viré surréalistes ni fumé de l'herbe qui fait rire, même si le rire tient une part importante dans ce récit. «Y a-t-il meilleur remède que le rire pour chasser les mauvaises humeurs et prévenir du même coup les maladies?» demande le sorcier à Yakari.

Des nuages d'oiseaux qui obscurcissent le soleil, un marais qui abrite une terrible bête, le nouveau Yakari, quoiqu'un peu décousu, recèle quelques surprises que le jeune public appréciera.

Trouble Genève

Après «Nom de code: Pandore», voici «Nom de code: Voltaire», deuxième épisode de la série «CH confidentiel», publiée par Le Lombard dans sa collection «Troisième Vague».

Vous croyiez tout savoir de Genève, sa rade, son jet d'eau, son Calvin et sa Télévision suisse romande... détrompez-vous. Fidèle à son goût pour le dessous des choses et les entrelacs politico-économico-maffieux, Ceppi lance son équipe de choc, le mal rasé Ethan et la sexy Zoé, sur la piste de Juan Nunez, un personnage douteux qui dirige un club chic de Genève, le «VIP's».

Sur la route des deux enquêteurs de la B.E.R., la «Brigade des Enquêtes Réservées», on découvrira également le cadavre d'une mystérieuse prostituée, des hommes d'affaire ripoux et la fille d'un très post-soviétique criminel en col blanc ...

Comme toujours chez Ceppi, l'imaginaire s'ancre fortement dans le réel, et son approche illustrative relève beaucoup du documentaire. Mais la fiction reste néanmoins au 1er plan: car qui pourrait penser que de telles choses arrivent à Genève, mmh?

Signé

En 1983, le dessinateur vaudois Cosey rompt momentanément avec sa série «Jonathan», dont le succès est alors croissant, pour publier dans le journal Tintin un récit intitulé «A la recherche de Peter Pan».

Celui-ci paraîtra en album sous forme de dyptique en 1984/1985, puis ouvrira les feux de la très belle collection «Signé», créée en 1994 par les éditions du Lombard pour mettre en valeur les «one-shots» des auteurs maison. A l'époque, Cosey a même l'honneur de définir la charte graphique de la série.

Douze ans plus tard, Le Lombard relance la série «Signé» avec un nouveau graphisme, qui se réfère à la fameuse «Collection blanche» de Gallimard. Et pour fêter l'événement, c'est à nouveau le «Peter Pan» de Cosey qui ouvre le bal, avec une réédition qui réunit les deux épisodes en un album.

Blanc comme neige

Il est des récits qui supportent sans problème le poids des années. «A la recherche de Peter Pan», par exemple. Le Valais, dans les années trente. Un écrivain anglais d'origine serbe, Sir Melvin Woodworth, qui s'installe pour quelques temps dans un village perdu. A la recherche de quoi? A la recherche de qui?

Melvin va croiser plusieurs personnages étonnants, ainsi «le» Baptistin, qui a connu le faux-monnayeur Farinet, ou la belle Evolena. Et surtout découvrir cette vallée profonde, menacée par les terribles craquements du glacier qui la surplombe...

Tout Cosey est là, dans cet album. Son regard d'ethnologue sur une région méconnue – le Valais d'un temps passé, pour changer du Tibet. Son goût pour les personnages en demi-teinte. Sa façon graphique de dire le silence... et la neige.

«Beaucoup de dessinateurs s'évertuent à en dessiner les courbes. J'aime utiliser le papier tel qu'il est. Il faut dessiner tout ce qui n'est pas la neige, justement. Il y a une astuce graphique que je trouve intéressante», dit-il dans le dossier de presse qui accompagne l'album.

A noter également que très prochainement paraîtra à Paris une somme sur la trajectoire de Cosey: «Echo», une autobiographie en images, aux éditions Daniel Maghen. Mais cela, c'est une autre histoire... sur laquelle nous reviendrons.

swissinfo, Bernard Léchot

Derib

Claude de Ribaupierre est né en 1944 à La Tour-de-Peilz. Il fait ses premières armes dans la BD à Bruxelles aux côtés de Peyo, le père des Schtroumfs. Dessinateur de la série Yakari (scénario de Job), il est l'auteur d'autres séries liées au monde indien, qui le fascine, notamment «Buddy Longway», «Celui-qui-est-né-deux-fois» et «Red Road».

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Ceppi

Daniel Ceppi est né en 1951 à Genève. Arts décoratifs, publicité, puis changement de cap vers la bande dessinée. Il est notamment l'auteur et le dessinateur de la série «Stéphane Clément» (11 titres parus) où s'affiche son goût pour le voyage et la géopolitique.

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Cosey

Bernard Cosendai est né près de Lausanne en 1950. Graphiste dans une agence de publicité, il s'initie à la bande dessinée auprès de Derib. Il est notamment l'auteur de la série «Jonathan», qui lui permettra d'affirmer son goût pour le voyage en général et le Tibet en particulier.

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