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France, terre d’accueil - Paris, ville lumière

(swissinfo.ch)

«Carte postale» de la Cinquième Suisse... La comédienne Christine Anglio nous écrit de Paris et nous donne quelques règles à maîtriser impérativement – question d’intégration – si l’on est Suisse et qu’on décide de vivre dans la capitale française.

Sting chantait «I’m an alien, I’m a legal alien, I’m a english man in New-York», eh bien c’est tout à fait moi, sauf que bien entendu je suis une «swiss girl» et je suis «in Paris», mais sinon c’est tout moi.

Je suis une immigrée. Je ne suis pas totalement inconsciente et je sais pertinemment que je suis très loin d’être un réfugié politique, un réfugié climatique, un boat people, un enfant de l’exode ou que sais-je encore, mais s’intégrer dans un pays qui n’est pas le sien n’est pas toujours aisé. Même si, je dois l’admettre, parlant la même langue que les habitants du pays qui m’accueille, je suis aidée…

Ma bonté n’ayant pas de limite, je me suis dit que je pourrais, vu que je vis dans la capitale de ce pays depuis plus de quinze ans maintenant, donner quelques conseils simples mais néanmoins efficaces pour aider les futurs immigrants. Ceux venus de mon pays d’origine, cela va de soi. Je n’ai pas la prétention de régler tous les problèmes liés à l’immigration seule. Ni la prétention, ni les capacités d’ailleurs.

Tout d’abord, oubliez l’idée qu’ «une ville reste une ville». Et ne pensez pas, si vous êtes un citadin helvète, que vous n’êtes pas concerné par les quelques conseils qui suivent… Ne nous voilons pas la face. La plus grande de nos cités n’est qu’un gigantesque village en comparaison à la mégapole qui sert de capitale à la France. Avant de venir nous installer ici si tel est notre but, nous devons tenir compte du fait que nous ne sommes que des villageois.

Dans ma bouche, villageois n’est absolument pas péjoratif. Bien au contraire. C’est pour moi une de nos qualités. Mais c’est aussi ce qui peut provoquer notre perte, une fois qu’on se retrouve seul dans la jungle urbaine. Et qui dit jungle, dit comportement adapté…
Voici donc une petite liste des choses à faire lorsque vous arrivez en France, ou plus précisément à Paris, afin de pouvoir vous fondre dans la masse et d’éviter les ennuis. C’est juste une base, rien de plus.

Réussir son intégration c’est…

Ne jamais être ravi par quoique ce soit. Je m’explique. Il est absolument nécessaire de donner l’impression qu’on est blasé de tout. Rien n’est sublime, incroyable, ou fantastique. Tout doit être pas mal, déjà vu ou tout simplement bof.

L’enthousiasme, passé 14 ans est une tare! Vous pouvez chanter, danser et pousser des petits cris de joie à la découverte de la nouvelle vie que vous vous serez choisie, et des beautés dont cette ville regorge, mais faites le entre les quatre murs de votre minuscule appartement - car oui, votre appartement sera minuscule et vous payerez une fortune pour loger dedans - et ne le faite jamais devant l’autochtone. Il saura tout de suite que vous n’êtes pas d’ici.

Ne pas être ponctuel! N’arrivez jamais à l’heure à laquelle vous avez été invité à un dîner car vos hôtes ne seront pas prêts. Et vous risquez de passez pour un impoli…Je sais, c’est un comble!

Lorsque vous marchez dans la ville, ayez toujours l’air de savoir ou vous allez. Pas de plan, pas de «demandage» de chemin, rien. La tête haute, le pas décidé et le regard sur l’horizon. Quitte à vous perdre.

Aux passages piétons, traversez uniquement quand le petit bonhomme est rouge et surtout n’oubliez pas de le faire lentement, tout en lançant un regard de défi au conducteur du véhicule qui aura dû freiner sec pour vous laisser traverser. Ou alors, ignorez-le crânement. Si vous êtes conducteur, ne vous arrêtez jamais pour laisser traverser quelqu’un et n’oubliez pas de ponctuellement baisser votre vitre pour distribuer quelques noms d’oiseaux et quelques gestes impliquant votre majeur aux autres conducteurs qui, c’est bien connu, ne savent pas conduire, EUX!

Vous pensez que c’est dangereux, moi je vous le dis, «ça c’est Paris!»

Avoir un avis

En tant qu’Helvète, il faudra également lutter contre la neutralité! Il est impératif d’avoir un avis sur tout. Et de le donner, même si on ne vous ne le demande pas. Surtout si on ne vous le demande pas. Cela paraît idiot, je sais. Mais ne pas avoir d’avis est très rapidement considéré comme louche. Non, si je suis tout à fait honnête, ne pas avoir d’avis, c’est être un con. Donc, même s’il s’agît de choisir entre une pizza ou des sushis, ne répondez JAMAIS que ça vous est égal! Sous peine d’être démasqué, ou de passer pour un ignorant.

Question langage, évitez de dire septante, huitante et nonante. Si vous venez, comme moi, du canton de Neuchâtel, votre intégration sera facilité par le fait que vous dites déjà quatre-vingt….Vous pensez que toutes ces remarques sont anodines? Détrompez-vous. Ne pas utiliser huitante, nonante et certaines autres particularités linguistiques comme: «Entrez seulement» ou «ça va, ou bien?» vous évitera de vous retrouver dans des conversations un peu pénibles, du genre: «Oh, t’es suisse? C’est fou, t’es vraiment cool pour une Suisse!» ou «Oh, t’es suisse? Tu ne connais pas machin chouette, par hasard? Il est suisse aussi.»

Si par mégarde, au début de votre séjour, vous vous retrouvez dans ce genre de conversation, gardez votre calme. Ne répondez pas de manière ironique: «T’en connais combien de Suisses exactement pour me trouver cool?? » ou «Machin chouette? Evidemment que je le connais, puisque nous ne sommes que douze à vivre en suisse! Je connais sa mère aussi et elle t’embrasse!» On reste poli. La première année où je vivais ici, quelqu’un m’a demandé une fois si je ne connaissais pas un certain Henri, un Suisse qui venait de temps en temps traîner ses guêtres place du Châtelet… C’était mon frère !!

Alors d’accord, cette question n’est peut-être pas si bête, mais quand même. Enfin, bref. Ça, c’est vraiment quand on a la poisse, comme moi, car la plupart du temps, on ne connaît évidemment pas machin chouette! Donc, pour les non-poisseux, on garde son calme, on ne souligne pas la bêtise de ces questions et de ces commentaires, parce que croyez-le ou non, votre interlocuteur ne pense même pas à mal.

Une dernière chose. Si vous voulez vraiment vous fondre dans la masse, c’est mieux d’avoir l’air énervé ou tout au moins agacé. Tout propos asséné avec véhémence sera du meilleur effet sur vos nouveaux congénères!

Tout ceci vous semble difficile à appliquer, mais croyez-moi, Paris is so romantic, que parfois même sans s’en rendre compte on devient plus Parisien que le plus tendu des Parisiens. La preuve, aujourd’hui, quand je rentre dans mon village, certains se demandent pourquoi je parle avec un accent débile, pourquoi je suis si agressive et surtout, depuis quand j’ai un avis sur tout!

Alors que bon, franchement, je suis restée la même, ou bien?

Allez, à tout bientôt!

Christine Anglio, Paris, pour swissinfo.ch

Christine Anglio

Couvet. Christine Anglio est née à Lausanne. Lorsqu'elle a six ans, sa famille s'installe à Couvet, dans le Val-de-Travers (canton de Neuchâtel).

Cours Florent. Scolarité, bac de lettres, petits jobs, dans le seul but de mettre suffisamment d'argent de côté pour monter à Paris... où elle part en 1994. Rêvant de devenir comédienne, elle suit le Cours Florent. Les petits jobs continuent (notamment serveuse dans le TGV).

Pénélope. Aux Cours Florent, Christine se lie d'amitié avec deux autres étudiantes: Corinne Puget et Juliette Arnaud. Ensemble, elles vont développer une histoire qu'elles vont présenter dès 1998 dans les cafés-théâtres parisiens: «Arrête de pleurer Pénélope».

Succès. Bouche à oreille aidant, la pièce triomphe dès 2002 au fameux «Café de la Gare». 752 représentations jusqu'en 2005!

Suite. En mars 2007, «Arrête de pleurer Pénélope 2», mis en scène par Michèle Bernier, débarque au Théâtre Fontaine, à Paris. Nouveau succès.

Cinéma. En 2008, Christine Anglio, Juliette Arnaud et Corinne Puget partagent la tête d'affiche de «Tu peux garder un secret?» d'Alexandre Arcady. Et une version cinématographique de «Arrête de pleurer Pénélope» est en cours de préparation.

Moi! En 2009, on a pu voir Christine Anglio dans la pièce «Moi! Moi! Moi!» au Théâtre Le Temple.

2010: Cyrano. Elle sera dès le 16 juillet à l’affiche du Café de la Gare (41, rue du Temple) dans la comédie 'Cyrano m’était conté' de Sotha. Avec également Philippe Manesse, Timothée Manesse, Pierre-Jean Cherer, Ange Ruzé.

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