Finance

La place financière suisse au défi du numérique

Cryptomonnaies, néo-banques, fintech: comment le monde bancaire - acteur de poids de l’économie suisse - compte-t-il s’adapter?

Ce contenu a été publié le 10 mars 2020 - 13:44
Skizzomat (illustration)

Rarement une idée commerciale avait suscité autant d’attentes et de réactions violentes. La Libra, cryptomonnaie projetée par Facebook entend changer la manière dont l’argent circule dans le monde. Le projet est piloté à Genève par un consortium mené par la plateforme californienne. Et partout dans le monde, on examine le projet à la loupe.

En Suisse, le projet a mené à une sérieuse remise en question. Le fameux secteur bancaire helvétique se voit menacé d’être marginalisé par de nouvelles formes de devises numériques qui contourneraient les flux monétaires traditionnels. D’un autre côté, on peut y voir une grande promesse: les monnaies numériques pourraient conduire à une renaissance des relations bancaires personnelles, permettant à un nombre accru de clients d’accéder à des services financiers plus efficaces.

Pas si vite, tempère une étude du gouvernement suisse. Même si elle était émise par la banque centrale, une monnaie numérique pour le grand public «n’apporterait pour l’instant aucun bénéfice supplémentaire à la Suisse. Au lieu de cela, elle ferait naître de nouveaux risques, spécialement pour la stabilité financière».

En plein essor, l’industrie suisse des cryptomonnaies et de la blockchain voit bien sûr les choses différemment. Une profusion de groupes font la promotion de ces nouvelles monnaies et de nombreux projets visent à intégrer les nouvelles technologies numériques dans le monde de la finance traditionnelle.

Suivant la manière dont cela se fera, la Suisse a beaucoup à y gagner – ou à y perdre. Le pays gère plus de 2300 milliards de dollars de biens offshore, soit plus que n’importe quelle autre nation, selon les chiffres du Boston Consulting Group. Cela équivaut à un tiers des actifs étrangers connus dans le monde. Et pour la Suisse, ça compte. 10% environ de la production économique du pays provient du secteur financier.

Les législateurs et les régulateurs font leur travail, essayant de façonner une transition que beaucoup estiment inévitable – avec ou sans Libra. Si la Suisse manque cette occasion, certains craignent que cela ne remette en cause sa place dans la finance globale et que les avoirs numériques ne filent dans d’autres pays.

Les consommateurs qui paient pour des biens ne sont qu’une partie du puzzle: les monnaies numériques sont également appelées à transformer le trading, la manière dont les entreprises lèvent du capital et celle dont les investissements sont emballés et vendus.

Sachant cela, la Suisse veut mettre à jour les lois qui régissent les banques, les entreprises et l’infrastructure des marchés financiers. L’instance de régulation des marchés s’entretient régulièrement avec les acteurs des cryptomonnaies sur la manière de protéger les petits investisseurs qui s’y aventurent. Elle a aussi délivré des licences aux agents spécialisés dans ces avoirs numériques.

Là où tout le monde est d’accord, c’est sur la nécessité pour la Suisse de devenir un leader mondial dans les domaines des cryptomonnaies et de la blockchain. Et elle est bien partie pour cela: plusieurs centaines de start-ups sont soutenues par des incubateurs, des consultants et des équipes juridiques. Le pays abrite également des fondations qui gèrent les actifs de certains des projets leaders de blockchain dans le monde.

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