Les syndicats déterrent la hache de guerre

Le SIB, comme les autres syndicats de la construction, se fâche. Keystone

La tension monte d'un cran dans le secteur de la construction. Les syndicats annoncent une grève générale pour fin octobre et une manifestation vendredi prochain à Zurich.

Ce contenu a été publié le 21 septembre 2002 - 18:06

Le patronat est accusé d'avoir violé les accords conclus sur la retraite.

Réunies séparément samedi à Berne, les conférences professionnelles du Syndicat industrie et bâtiment (SIB) et de Syna ont voté des mesures de lutte dans le secteur principal de la construction.

Une décision qui met en exergue une faute de mise en oeuvre de l'accord signé ce printemps, en vue d'une convention collective (CCT). Par ailleurs, Syna veut aussi porter plainte contre la Société suisse des entrepreneurs (SSE).

Paix du travail menacée

«Nous avons décidé de suspendre la paix du travail dans la construction», explique Jacques Robert, secrétaire central du SIB.

Et d'ajouter: «la SSE a posé des conditions inacceptables en voulant renégocier des points essentiels de l'accord, notamment sur le point de la retraite flexible à 60 ans».

Au sortir de leur réunion, samedi après-midi à Berne, les délégués des deux syndicats se sont retrouvés et ont bloqué la circulation des transports publics.

Et c'est au son de sirènes que plus 300 personnes du SIB et de Syna ont agité drapeaux et des banderoles et ont distribué des tracts pour faire valoir leurs revendications.

Cela dit, la manifestation, qui n'a fait aucun dégât matériel, n'avait pas été autorisée.

Conséquence, un secrétaire du SIB a été arrêté de manière musclée en fin de manifestation par la police bernoise. Deux autres syndicalistes ont été jetés à terre, selon le SIB, qui a protesté contre la violence policière.

Points à renégocier

Mercredi dernier pourtant, lors d'une assemblée extraordinaire, les délégués du patronat avaient pourtant confirmé à une écrasante majorité leur volonté de réaliser la retraite anticipée à 60 ans, mais «avec des points à renégocier» dans la CCT.

Jeudi, la rencontre avec les syndicats n'a débouché sur aucun résultat et entraîné la rupture des négociations.

Pour autant, les entrepreneurs ont nié vouloir remettre l'ensemble de l'accord en cause, expliquant qu'ils ne désiraient modifier que quelques points. Le plus important concerne l'élargissement du champ d'application de l'accord sur la retraite flexible aux entreprises non-membres, afin d'éviter une distorsion de la concurrence.

Valable trois ans, la nouvelle convention du secteur principal de la construction prévoit que l'âge de la retraite sera abaissé par paliers dès 2003 pour les ouvriers de la maçonnerie et du génie civil.

Cette mesure concernera les travailleurs de 63 et 64 ans. Dès le 1er janvier 2006, la retraite anticipée sera possible dès l'âge de 60 ans.

SSE déçue

Plus précisément, le SIB reproche au patronat de vouloir retarder d'au moins six mois la mise en oeuvre de la CCT, alors que la SSE affirme être prête à compenser ce retard.

Théoriquement, les premières cotisations patronales auraient dues être versées début juillet afin que les premières retraites anticipées soient payées dès le 1er janvier prochain.

Quant au directeur de la SSE Daniel Lehmann, il s'en explique: «la branche de la construction est entrée en récession, entraînant des corrections inévitables dans la CCT». Et la SSE se dit déçue par la réaction syndicale.

«Laissons-les faire la grève», conclu Daniel Lehman, qui pense que le patronat peut la supporter, vu la mauvaise conjoncture et la baisse des commandes.

swissinfo avec les agences

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