Genève, capitale mondiale des exoplanètes

Même s'il y manque la coupole et le miroir, cette structure grandeur nature de 15 mètres de haut donne une bonne idée de ce qu'est le bien nommé Very Large Telescope. SWI - Frédéric Burnand
Ce contenu a été publié le 16 septembre 2019 - 13:30

Un (faux) télescope de 15 mètres de haut, un autre nettement plus petit (mais suisse), 2000 scientifiques en congrès: cette semaine, aucun Genevois ne devrait plus ignorer que sa ville est un centre mondial pour la recherche des mondes lointains.

Même si les observations ont été faites en France, dans les Alpes de Haute-Provence, c’est ici que tout a commencé: en 1995, Michel Mayor et Didier Quéloz, de l’Observatoire de Genève, annoncent la découverte de 51 Pégase b, la première exoplanète, ou planète tournant autour d’une étoile autre que notre Soleil.

A l’époque, il n’y a guère qu’une dizaine de scientifiques sur Terre qui se vouent à la quête de ces mondes tellement lointains qu’aucun de leurs télescopes n’est même capable de les voir.

Aujourd’hui, le catalogue des exoplanètes est riche de plus de 4000 entrées, et même plus de 6000 avec les découvertes qui restent à confirmer. Leur étude est un des domaines majeurs de recherche en astrophysique, avec à la clé la réponse à cette question éternelle: sommes-nous seuls dans l’univers?

Les exoplanétologues sont désormais des milliers dans le monde et tous les quatre ans, les Européens invitent leurs collègues américains pour échanger leurs expériences, à l’enseigne du Congrès européen des sciences planétaires (EPSC). Cette année, c’est Genève qui l’organise. Jusqu’au 20 septembre, ils et elles seront 2000 à débattre au Centre international de conférences, dans le quartier des organisations internationales.

Monumental

«Quand vous voyez une photo de la tour Eiffel, vous vous dites ‘ah oui, pas mal…’, mais quand vous êtes au pied du monument, ça fait un autre effet». C’est fort de ce constat que l’astronome Pierre Bratschi et ses collègues de l’Observatoire de Genève ont fait construire une réplique grandeur nature de l’armature d’un des quatre gros instruments qui composent le Very Large Telescope (VLT) – dont l’original se trouve sur le haut plateau andain du Chili.

Construite initialement pour la Cité des Métiers, le centre d’orientation professionnelle du Grand Genève, cette structure de 15 mètres de haut va trôner jusqu’au 20 septembre sur la Plaine de Plainpalais. A côté de ce monstre, la réplique du télescope spatial CHEOPS semble bien modeste, avec son mètre 80 de hauteur. Les astronomes n’en placent pas moins de grands espoirs dans le petit instrument «made in Switzerland», qui doit quitter la Terre à la fin de l’année.

Sa mission: observer le passage devant leur étoile d’exoplanètes déjà cataloguées, pour en apprendre plus sur leur taille et les caractéristiques de leur atmosphère. La concentration anormalement élevée de certains gaz, comme l’oxygène, dans l’atmosphère d’une planète peut en effet être interprétée comme un signe de la présence de vie. Et les photos qu’il livrera seront analysée à Genève.

A la rencontre du public

A l’enseigne de L’Univers à portée de main, cette animation sur la Plaine de Plainpalais verra la présence d’un astronome chaque jour devant les deux maquettes, pour répondre aux questions du public. «Tout ce qui tourne autour de notre discipline fascine les gens, mais il reste un gros effort de communication à faire. Nous devons aller à leur rencontre», admet Pierre Bratschi.

Au terme du Congrès, la réplique du VLT sera transférée à l’Observatoire, situé dans la campagne genevoise, qui reçoit déjà quelque 1500 visiteurs par année.

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