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Un vaccin contre le Covid-19 rapidement disponible, selon des scientifiques suisses

Même si les chercheurs travaillent vite, il faudra attendre encore plusieurs mois avant de se faire injecter un vaccin contre le Covid-19. Copyright 2020 The Associated Press. All Rights Reserved.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Berne souhaite être la première à produire un vaccin contre le Covid-19 et l’inoculer à l’ensemble de la population suisse, en octobre.

Ce contenu a été publié le 21 avril 2020 - 16:30
Paula Dupraz-Dobias, swissinfo.ch

«Nous avons une chance réaliste de réussir, a indiqué Martin Bachmann, responsable du département d’immunologie de l’Université de Berne, lors d’une conférence de presse en ligne avec l’Association des correspondants accrédités auprès des Nations Unies (ACANULien externe). La Suisse a toujours été pragmatique et elle est plus intéressée à trouver un compromis pour obtenir le vaccin plus rapidement.»

Depuis que la crise du coronavirus a éclaté et que l’Organisation mondiale de la santé l’a qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale, à la fin janvier, la plupart des experts internationaux et des autorités ont indiqué qu’il ne fallait pas s’attendre à disposer d’un vaccin d’ici 12 à 18 mois, au plus tôt.

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Approche unique

Martin BachmannLien externe, qui est également professeur de vaccinologie à l’Institut Jenner de l’Université d’Oxford, a indiqué que son calendrier plus rapide pouvait en partie s’expliquer par la facilité potentielle de production. En effet, l’équivalent de 200 litres de bio ferment bactérien pourraient produire 10 à 20 millions de doses de vaccin.

«Ce vaccin est unique en raison de son énorme faculté à s’adapter aux fluctuations de la demande. Il a la capacité de produire des milliards de doses dans un court laps de temps», a précisé Martin Bachmann.

L’équipe suisse qui est en train de mettre au point ce vaccin adopte une approche différente de celle des autres laboratoires en utilisant des particules dites apparentées au virus, qui ne sont pas infectieuses – contrairement au virus lui-même – et qui offrent une bonne réponse immunitaire. Un prototype a été mis au point en février, quelques semaines seulement après que le nouveau coronavirus eut été identifié en Chine. Il s’est révélé efficace lors de tests sur des souris de laboratoire, le sérum ayant neutralisé le virus.

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Gary Jennings, patron de l’entreprise Saiba BiotechLien externe, qui travaille avec l’Université de Berne, a déclaré que les autorités suisses étaient conscientes de l’importance d’approuver le développement du vaccin. «Nous pouvons le faire si le gouvernement suisse et les autorités de régulation le souhaitent. S’ils veulent que ce vaccin soit mis à la disposition du public dans ce délai, alors ce sera fait», a indiqué le PDG.

Obtenir l’approbation

SwissmedicLien externe, l’organe national responsable de l’approbation et de la supervision des produits thérapeutiques, a confirmé avoir déjà dispensé des conseils scientifiques à ce projet et être au courant de l’état d’avancement de ce processus de recherche.

«Dans cette situation exceptionnelle, il faut compter de manière réaliste de huit à quatorze mois avant d’avoir un vaccin contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2», a indiqué à swissinfo.ch Lukas Jaggi, porte-parole de Swissmedic.

Dans un courriel, ce dernier a précisé que «Swissmedic accorde une grande priorité au temps. Mais la sécurité et la tolérance au vaccin passent avant tout. Il est donc important que les entreprises et les groupes de recherche contactent Swissmedic à un stade précoce, afin que nous puissions les accompagner et les soutenir, avant qu’ils ne déposent une demande d’autorisation».

A la recherche d’argent

Le développement du vaccin jusqu’à ce qu’il puisse être produit à grande échelle coûtera 100 millions de francs, selon Saiba Biotech, dont Martin Bachmann est cofondateur. Alors que la Fondation USZ, l’organisation caritative de l’Hôpital universitaire de Zurich, a exprimé son intérêt à soutenir la recherche, Gary Jennings a déclaré que Saiba était déjà en pourparlers avec les géants pharmaceutiques Novartis et Lonza.

Environ 2,5 millions de personnes ont été testées positives au coronavirus dans le monde, provoquant 170’000 morts, y compris dans un nombre croissant de pays disposants de services de santé limités. La Suisse jusqu’à présent fait état d’environ 28’000 cas et de plus de 1400 décès.


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