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Les élèves suisses ont progressé en lecture

Selon la dernière étude PISA, les élèves de Suisse sont en progrès.

(Keystone)

Les résultats de la 4e étude PISA sur les acquis des élèves ont été présentés mardi à Berne. En comparaison internationale, les Suisses ont fait des progrès en lecture, demeurent excellents en maths et bons en sciences. Un élément de plus dans le (chaud) débat sur l’école.

Depuis près de dix ans, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) évalue tous les trois ans les compétence en lecture, en mathématiques et en sciences naturelles des élèves de 15 ans.

L'enquête PISA 2009 a été menée auprès de 470'000 jeunes de 65 pays, dont 10'000 en Suisse. «La Suisse est en progrès, relève Bernard Hugonnier, co-auteur du rapport de l’OCDE à Paris. Les Suisses sont très bons en maths, bons en sciences et moins bons en compréhension de l’écrit, mais ils ont progressé du 17e rang au 11e de 2000 à 2009. Ces résultats sont donc relativement bénéfiques.»

Et même «réjouissants», renchérit Isabelle Chassot, présidente de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’Instruction publique (CDIP). Et de rappeler le choc provoqué par la première étude PISA, en 2000, montrant les résultats très moyens en lecture des Suisses de 15 ans et, surtout, le constat que 20% d’entre eux étaient carrément en difficulté.

«Les choses ont changé»

«Les choses ont donc changé, a relevé Isabelle Chassot. Il semble bien que les efforts multipliés depuis lors aient porté leurs fruits.» Allusion au plan d’action pour la promotion de la lecture mis sur pied en 2003 par la CDIP.

Aujourd’hui, la Suisse se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE et fait partie des 12 premiers, derrière la Corée, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Australie, ainsi que la Finlande.

Autre point intéressant, relève Bernard Hugonnier de l’OCDE, «la proportion d’élèves en grande difficulté a diminué de 20% en 2000 à 16,8% en 2009. Ce chiffre reste en dessous de la moyenne, mais montre que la Suisse a fait un effort pour les plus défavorisés.»

Isabelle Chassot s’est également félicitée de l’amélioration des performances en lecture observées chez les jeunes issus de la migration. «Un seul pays détient un score moyen significativement au-dessus de la Suisse: la Finlande, pays moins hétérogène que la Suisse.»

Evolution d'autant plus notable que la proportion de jeunes issus de la migration augmentait dans le même temps de 20,7% à 23,5% en Suisse, ont fait remarquer les responsables du Consortium PISA.ch.

René Levy, professeur honoraire de l’Université de Lausanne, relève pour sa part que «tous les experts connaissent l’influence importante du milieu socioculturel sur les résultats scolaires.» Autrement dit, si les enfants de l’immigration progressent à l’école, «c’est qu’ils sont mieux intégrés».

Le préscolaire en question

Isabelle Chassot a souhaité «persévérer dans nos projets de développement du système d'éducation», faisant allusion au concordat scolaire HarmoS (qui unifie l'âge d'entrée à l'école, la durée de la scolarité obligatoire et l’apprentissage des langues), adopté jusqu’ici par 15 cantons, soit 76% de la population suisse.

Ce projet s’attire les foudres de certains milieux, dont les conservateurs de droite de l’Union démocratique du centre (UDC). Au début de novembre, celle-ci a présenté un document de fond pour exprimer son opposition à une harmonisation des 26 systèmes scolaires. Et surtout contre une formation pré-primaire trop longue.

Bernard Hugonnier, lui, relève que «la différence de score entre les élèves ayant une année ou plus d’école maternelle avec ceux qui n’en disposent pas est en moyenne, de 54 points pour l’OCDE, de 84 en Suisse et de108 en France».

Il en conclut que «les élèves qui ont suivi plus d’une année d’éducation préscolaire parviennent à de meilleurs résultats en lecture que ceux qui ne l’ont pas eue» et ce, quel que soit leur niveau socioéconomique.

«Dénigrement populiste»

De leur côté, les Syndicats des enseignants romands et alémaniques se sont réjouis de cette amélioration des compétences des élèves. Dans un communiqué commun, ils estiment que le discours de certains milieux sur la «pédagogie laxiste» est relégué au rang de «dénigrement populiste».

A chaque publication, ces études soulèvent de vifs débats. Beat W. Zemp président du syndicat alémanique des enseignants (LCH), avait en son temps relevé pour swissinfo.ch qu’«il y a eu une prise de conscience politique de l’importance et des exigences de la formation».

Les résultats par régions linguistiques et par cantons ne seront pas disponibles avant la fin de 2011. Si PISA provoque à chaque fois la controverse, l’édition 2009 pourrait faire avancer les choses, estime René Levy: «Pour moi, la valeur de ce genre d’enquête n’est pas tant dans l’évolution internationale d’un classement, mais elle permet d’entreprendre une analyse comparative sérieuse en tenant compte de facteurs supplémentaires.»

D’ici là, on reparlera beaucoup de l’école en Suisse, thème qui fait désormais partie de la campagne en vue des élections fédérales de 2011.

PISA

Le «Programme for International Student Assessment» a été lancé officiellement en 1997 par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) à la demande des pays membres pour mesurer les performances des différents systèmes éducatifs.

Depuis la première édition de 2000, l’étude est réalisée tous les trois ans.

Compétences étudiées: lecture, mathématiques et sciences. À chaque enquête, l'une des trois matières est considérée comme matière principale aux fins de l'évaluation.

L’objectif est d’évaluer la littératie: les notions acquises mais aussi la capacité de réfléchir sur la base de ses propres connaissances et expériences et d’appliquer celles-ci aux problèmes et aux tâches quotidiens.

La Direction suisse du programme PISA a son siège à l'Office fédéral de la statistique à Neuchâtel. Elle collabore avec quatre centres de coordination régionale: l’Institut für Bildungsevaluation (IBE), la Haute Ecole de l’éducation de St-Gall, le Service de la recherche en éducation (SRED) et l’Ufficio studi e ricerche (USR).

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PISA 2009

470'000 jeunes de 15 ans (10'000 en Suisse) ont participé, dans 65 pays, à des tests de deux heures portant sur la lecture, les mathématiques et les sciences naturelles. Ils ont également répondu à un questionnaire sur leur situation personnelle, leur stratégie d’apprentissage et leur motivation.

Pour la 2e fois, l’étude PISA mettait l’accent sur la lecture: les élèves suisses ont progressé de 6 points depuis 2000, se classant au 11e rang. La Corée, la Finlande et le Canada occupent les trois premiers rangs.

La Suisse a consacré à PISA 2009 une somme de 3,5 millions de francs, financée à parts égales par la Confédération et les cantons.

Les travaux préparatoires pour l'enquête 2012 ont commencé; l’étude sera centrée sur les mathématiques et publiée en 2013.

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