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Vous avez dit «nouvelle star»?

Julien, le Genevois, et Steeve, le lauréat grenoblois (Photo M6.fr)

(swissinfo.ch)

Après plus de deux mois de suspense, le Genevois Julien cède la 1ère place au Grenoblois Steeve dans le cadre de l’émission «A la recherche de la nouvelle star», sur la chaîne française M6.

Un beau parcours, dans le cadre d’une émission dont le principe reste contestable.

Dès le premier «reality show» diffusé par une chaîne française, la Suisse romande, copieusement stimulée par le très populaire quotidien «Le Matin», a largement suivi le ‘trend’. On pourrait dire ‘mode’, mais ‘trend’ est plus ‘trendy’, justement.

«Loft Story», «L’île de la tentation», «La Ferme», «Les colocataires» et, dans le registre musical, «Star Academy», «Popstars», et «A la recherche de la nouvelle Star» n’ont donc plus de secret pour Mademoiselle, Madame et Monsieur Romand.

Mais, cette deuxième édition de «A la recherche de la nouvelle Star», diffusé par la chaîne M6, a pris pour les Suisses francophones un relief tout particulier: toute une série de chanteurs d’ici ont participé à l’aventure, plusieurs d’entre eux volant d’éliminatoire en éliminatoire avec succès.

La palme au Genevois Julien qui a atteint la finale, laquelle se jouait jeudi soir à Paris, Pavillon Baltard. Mais là, le Grenoblois Steeve l’a emporté. On reste dans la région savoyarde, me direz-vous. Ce qui n’a pas empêché l’un des membres du jury de dire que Julien venait «de l’autre côté des Alpes».

Comme quoi show-biz et sens de la géographie ne vont pas nécessairement de pair.

Beau duel, si…

Beau duel, car les deux concurrents en lice pour le titre de «Nouvelle Star» ont indéniablement des voix, du talent et de la présence. Steeve, tendance rocker maudit, aristo déchu. Julien, beau gosse, sensible, luttant contre une timidité qui transparaît en permanence, malgré ses deux mois de rodage intensif.

Mais pour apprécier ce duel, encore faut-il:

Supporter les artifices de l’animateur, Benjamin Castaldi, qui, parfaitement agaçant, cherche à démultiplier le suspense là où il y en a déjà et surtout à faire téléphoner le public, juge de cette finale, pour augmenter les revenus de son employeur…

Encaisser les avalanches de mauve, rose, turquoise, d’étoiles, de paillettes… Et ne pas perdre patience au cours des nombreux et longs blocs de pub.

Mais une fois admis tout cela, vous pouvez effectivement apprécier les talents vocaux de Steeve et de Julien.

Et constater qu’en élisant Steeve, le public, qui n’a pas toujours «de la merde dans les oreilles» comme l’avait dit un jour la jurée-chanteuse-humoriste Marianne James, a fait un choix logique.

Car si l’on ressent Julien comme un artiste doué, mais en construction, Steeve est «fini». Au sens positif du terme, comme une maison est finie. Il a son identité, sa personnalité, on ne le sent guère susceptible de coller à un moule qu’il n’aurait pas choisi.

Question de répertoire

Bien sûr, ce sont des interprètes que ce type d’émission recherche. Mais à travers les innombrables reprises maîtrisées avec brio, que sait-on réellement de l’univers de chacun? Des mots et des notes que Steeve ou Julien auraient vraiment envie de chanter?

Quoi qu’il en soit, pour son dernier tour de piste dans le cadre de l’émission, le Genevois a interprété «A Whiter Shade of Pale» de Procol Harum, une belle version de «Pride» de U2, et un trop sage «Requiem pour un fou» de Hallyday.

Son rival grenoblois a repris quant à lui «Knockin’on Heaven’s Door» de Dylan, «Highway To Hell» d’AC/DC et «Le Sud» de Nino Ferrer, titre qui sera immédiatement publié en single, puisque Steeve est le vainqueur de l’aventure.

«Le Sud» de Nino Ferrer, version saturée et rock d’esprit. Et chacun de s’extasier devant cette audace… C’est oublier un peu vite la version électrique qu’en avait donné la remarquable Beverley Joe Scott, il y a quelques années!

Mais à l’époque, la chanteuse américaine, installée en Belgique, n’avait pas bénéficié du même support médiatique. On peut parier sans prendre de risque que «Le Sud» version Steeve atteindra des sommets de vente. De quoi légitimement agacer Beverly Joe Scott.

Dés pipés

Alors on ne peut s’empêcher de penser à la formidable injustice que représente ce type d’émissions. Le fait que pratiquement toute la chaîne de production d’un artiste – casting, promotion, production, édition, diffusion – passe par une seule entreprise, mettant de fait sur la touche ceux qui ne bénéficient pas de ce type de sélection.

Et si les producteurs peuvent se plaindre – légitimement – du piratage sur Internet, il est probable que le développement du formatage dû à ces nouvelles structures participent à la mort du disque, ou en tout cas à l'enterrement de sa diversité.

Récemment, les «majors» ont fait le ménage. A ceux qui ne vendaient plus assez, on a rendu leur contrat. Parmi eux, Jacques Higelin, Jean-Louis Murat, les Rita Mitsouko, ou Stephan Eicher, paraît-il.

A la recherche de la nouvelle star? Oui. Mais de là à jeter les autres…

swissinfo, Bernard Léchot


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