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350 ppm au centre d'une campagne mondiale

(Keystone)

En vue de la conférence sur le climat de Copenhague, un mouvement social né aux Etats-Unis débouchera sur une journée mondiale d'actions le 24 octobre. En Suisse, la Revue Durable joue les relais. Le chiffre clé de la campagne - 350 - rend sceptique la climatologue Martine Rebetez.

«Si, depuis la Suisse comme depuis d'autres pays, sont envoyés des signaux envers les plus gros émetteurs que sont les Etats-Unis et les pays émergents, ça pèse, assure Jacques Mirenowicz, patron de la Revue Durable à Fribourg. Il faut une pression politique pour accroître la volonté politique.»

En décembre prochain, les pays de la planète se retrouveront à Copenhague pour s'accorder autour des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre après 2012. Soit après la période couverte par le Protocole de Kyoto.

Mais les dernières nouvelles du terrain montrent que l'Arctique – excellent indicateur – fond nettement plus vite que ne le prévoyaient les chercheurs. Avec pour conséquence une hausse envisagée de 1 à 2 m du niveau des océans ce siècle.

De quoi encourager la mobilisation de ceux qui, comme Jacques Mirenowicz, estiment que la pression conjuguée des individus doit absolument conduire les politiques à conclure un accord très ambitieux.

Aux Etats-Unis, après avoir organisé des manifestations très courues durant les primaires, le vulgarisateur star et activiste de la cause climatique Bill McKibben a lancé un mouvement mondial d'actions. Avec pour piste d'envol et d'atterrissage, un site internet (et les réseaux facebook et twiter), à la fois vade-mecum et réceptacle des résultats de la mobilisation.

On découvre sur ce site l'accumulation en cours de centaines de projets d'actions imaginés par ce que la planète compte de citoyens lambdas. Des projets qui donneront lieu, une fois l'exercice achevé, à autant d'images postées sur le site. Elles seront ensuite diffusées à tous vents...

Un problème mondial

La date du 24 octobre a été choisie pour cette journée d'actions, «ni trop près ni trop loin de Copenhague», indique Jacques Mirenowicz. «Le problème est mondial, il nous faut une action citoyenne à la même échelle. (...) C'est une première, il n'y a jamais eu de manifestation sur l'écologie de cette ampleur.»

Dans la lettre envoyée à son réseau, la Revue Durable, qui joue les relais de la campagne en Suisse, écrit: «Ce que chacun peut faire? Organiser une action simple et symbolique - pensez à des balades à vélo, des rassemblements, des concerts, des randonnées, des plantations d'arbres, des manifestations, la seule limite est celle de votre imagination - dans votre ville ou village pour attirer l'attention sur ce chiffre».

Ce chiffre, c'est 350. McKibben et ses amis veulent le faire entrer dans toutes les têtes. Il représente la concentration de C02 en partie par million (ppm) à ne pas dépasser dans l'atmosphère, «pour éviter, selon beaucoup de climatologues, des basculements irréversibles vers des conséquences catastrophiques, explique Jacques Mirenowicz. Il s'agit d'un référence plus rigoureuse et beaucoup plus prudente que les 2°C» généralement articulés. Elle découle d'une étude publiée en 2008 par le scientifique et activiste James Hansen (et une dizaine de confrères).

Etant entendu que la concentration actuelle en CO2 approche les 400 ppm, «ces climatologues disent qu'il faut aussi vite que possible inverser la vapeur. Dans les meilleurs scénarios, on pourrait revenir à 350 en 2100, précise Jacques Mirenowicz. Un moratoire sur le charbon est le meilleur moyen d'y arriver [fermeture des centrales à charbon dans les trente prochaines années]».

Bode Miller et Pachauri

Ce chiffre de 350 ppm rencontre un engouement croissant. Chez les sportifs, on l'a vu arboré par le skieur Bode Miller l'hiver dernier. Le président du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) Rajendra Pachauri soutient cet objectif «en tant qu'être humain». C'est le cas aussi de l'Alliance des petits Etats insulaires et du groupe des Pays les moins développés.

Climatologue à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), Martine Rebetez a participé le printemps dernier au congrès scientifique de préparation à la réunion politique de Copenhague.

Une des conclusions du congrès, dans la mise à jour des travaux du Giec 2007, est que la limite de 2°C fait du sens, mais reste trop abstraite pour le politique et le public. Les scientifiques ont calculé les émissions dans l'atmosphère qui correspondent à ce chiffre.

Pour ne pas dépasser cette «dernière limite acceptable du point de vue de l'adaptation», la concentration de CO2 ne doit pas dépasser 500-550 ppm, indique la climatologue. Ce qui implique de cesser toutes les émissions anthropogènes avant 2050. «Un scénario encore imaginable.»

«Pas vraisemblable»

Une stabilisation à la concentration actuelle de pratiquement 400 ppm conduirait à une hausse de 1°C, mais le scénario est irréaliste, car il implique de ne plus rien émettre tout de suite. «350 ppm, c'est la valeur observée en 1990, aujourd'hui largement dépassée. Ce n'est pas un objectif vraisemblable», juge donc Martine Rebetez.

Car même si, en théorie, les 350 ppm vers 2100-2150 sont possibles avec zéro émission tout de suite, l'homme continue à émettre chaque année plus que l'année précédente. Malgré toutes les belles déclarations d'intention.

Pierre-François Besson, swissinfo.ch

Des actions mondiales

Des ONG comme le WWF, Greenpeace, Oxfam, Amnesty International, le Conseil mondial des églises, ou Equiterre composent une vaste coalition mondiale baptisée «tck tck tck».

Elle demande un accord ambitieux et contraignant à Copenhague et, comme d'autres mouvements, cherche à mobiliser la société civile.

Autre exemple de tentative de mobilisation, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) par exemple fait signer un pétition sur internet dans le cadre de la campagne «Seal the Deal».

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La Revue Durable

Ce magazine de vulgarisation très sérieux axé sur l'écologie et le développement durable a été lancé en 2002 et sort cinq numéros par an. Basé à Fribourg, il est publié en Suisse et diffusé en France et en Belgique.

Outre des articles et dossiers, il mène également des campagnes d'actions. Par exemple contre les centrales à charbon ou en faveur des comportement responsables sous l'angle du climat.

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