Your browser is out of date. It has known security flaws and may not display all features of this websites. Learn how to update your browser[Fermer]

Une conseillère nationale aux origines chinoises


Min Li Marti: «très à gauche, pragmatique et conciliante»


Par Gaby Ochsenbein et Jie Guo Zehnder


 Autre langue: 1  Langues: 1
Min Li Marti a passé de la politique communale à la politique nationale. (Keystone)

Min Li Marti a passé de la politique communale à la politique nationale.

(Keystone)

Min Li Marti, éditrice et rédactrice en chef, a fait ses armes dans la politique municipale zurichoise pendant de nombreuses années. Elle est considérée comme une négociatrice polyvalente et habile tacticienne. La socialiste se réjouit d’avoir désormais son mot à dire à l’échelon national.

Elle est certes nouvelle au Conseil national (Chambre basse). Min Li Marti a toutefois déjà depuis longtemps des liens avec le Palais fédéral, puisqu’elle est l’épouse du conseiller national Balthasar Glättli, chef de groupe des Verts. «Nous ne sommes pas à l’opposé politiquement», confie-t-elle au journal zurichois Tages-Anzeiger après son élection. Ses adversaires politiques la situent toutefois «très gauche» ou, du moins, de «plus à gauche» que son mari.

Nouveaux élus

La fille de Christoph Blocher, le patron de la Weltwoche, le maire communiste, la jeune écologiste: swissinfo.ch publie une série – non exhaustive – de portraits des nouveaux membres du Parlement suisse issu des élections du 18 octobre 2015. Découvrez ces nouveaux visages sous la Coupole fédérale, qu’ils soient représentants de partis gouvernementaux ou de plus petites formations.

A Zurich, Min Li Marti s’est fermement engagée pour les crèches et les logements sociaux. Celle qui a fait des études de sociologie est depuis presque une année éditrice et rédactrice en chef du journal proche du Parti socialiste (PS) Zürcher Wochenzeitung P.S. (tirage: 7000 exemplaires). On l’a déjà décrite comme le pendant de gauche du rédacteur en chef et éditeur de la Weltwoche Roger Köppel, qui vient aussi d’être élu au Conseil national pour l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice).

Min Li Marti a été active politiquement pendant 13 ans au niveau municipal, dont six ans comme cheffe de groupe du PS au Conseil de ville de Zurich. «Maintenant, je peux participer à l’élaboration de lois qui sont décidées pour le pays tout entier et pas seulement débattre de l’installation de zones limitées à 30 km sur le territoire communal», a-t-elle déclaré l’automne dernier à l’issue de son élection. Elle voulait dire qu’il était temps pour elle d’officier à un niveau plus haut, car elle a constaté les limites de la politique municipale.

Politisée très jeune

Min Li Marti était déjà engagée au cours de sa scolarité; elle militait pour les droits de l’homme au sein d’Amnesty International. Son intérêt pour la politique s’est vraiment éveillé en 1992, lorsque l'adhésion de la Suisse à l’Espace Economique Européen (EEE) a été refusée. Pendant ses études, elle a aussi été active en matière de politique de l'éducation. Elle a ensuite décidé d’adhérer au PS, car elle place la «justice sociale» au cœur de ses préoccupations.

La culture, les finances, l’aménagement du territoire et l’égalité sont ses autres thèmes de prédilection: «Pas seulement l’égalité entre hommes et femmes – mais plus globalement, je suis contre toute forme de discrimination.»

Au cours de l’entretien avec swissinfo.ch, Min Li Marti s’est montrée discrètement fière («car les succès en politique sont relatifs») du fait qu’à la suite de sa propre intervention, l’administration et les entreprises municipales zurichoises se soient dotées d’une règle d’attribution de postes par fixation de quotas, afin d’atteindre une meilleure représentation des femmes.

Une communicatrice de talent

Min Li Marti a la réputation d’avoir un bon esprit d’équipe et de ne pas se mettre continuellement en avant. «Je trouve ça difficile et aussi un peu gênant de faire campagne pour moi-même. Je le fais plus volontiers pour les autres», dit celle qui a aussi été la co-responsable des campagnes du PS.

Son parti est satisfait de son travail. Le PS de Zurich estime qu’elle a conduit avec «clairvoyance» son groupe parlementaire. «Grâce à son habileté tactique et son important engagement personnel, elle a permis aux propositions des socialistes d’obtenir une majorité.»

Selon le quotidien libéral zurichois Neue Zürcher Zeitung (NZZ), elle est considérée à Zurich comme «une pragmatique et une négociatrice conciliante qui a obtenu le respect dans de nombreux cercles politiques.» Pour le titre dominical Schweiz am Sonntag, elle est décrite dans les médias sociaux comme une politicienne influente à l’échelle nationale.

La politicienne a aussi acquis le bagage en communication nécessaire à sa fonction grâce à une formation continue en relations publiques et management.

Des origines chinoises

La mère de Min Li Marti est une réfugiée chinoise, qui a aussi vécu longtemps en Thaïlande. Ce n’est donc pas un hasard si la nouvelle conseillère nationale a pour habitude de cuisiner un plat chinois à chaque Nouvel An chinois. Elle ne parle toutefois pas la langue et n’a jamais visité la patrie de sa mère. «Je n’en n’ai pas eu le temps jusqu’à présent. Peut-être l’été prochain?»

Elle s’intéresse tout de même à la politique de la Chine: «La violente répression de la manifestation de la place Tiananmen m’a profondément touchée. La situation des droits de l’homme en Chine n’est pas optimale. A mon avis, la Suisse accorde parfois un trop grand poids à ses intérêts économiques», estime Min Li Marti, dont le prénom Min signifie «intelligence et lumière» et Li «raison et sagesse».

Nouvelle orientation

A la suite de son élection au parlement fédéral, Min Li Marti a démissionné de la présidence du groupe socialiste au parlement de la ville de Zurich. Elle n’est déjà plus active depuis longtemps dans la société de production qu’elle avait cofondée il y a dix ans. Elle a par contre l’intention de garder sa fonction d’éditrice et de rédactrice en chef de la Wochenzeitung P.S., mais va réduire sa charge de travail. «Je devrais encore avoir le temps d’avoir une activité à 50% dans l’édition», estime-t-elle.

La politicienne n’a pas encore préparé d’intervention pour le Conseil national. Elle veut d’abord se construire un bon réseau. Min Li Marti en aura besoin, tout comme «de la patience, de la chance et du plaisir» dans l’exercice de sa tâche. L’objectif de cette socialiste qui a le sens de la justice sociale est mis en évidence sur son site internet: «Je veux une Suisse qui offre des perspectives et une vie décente pour tous. Aujourd’hui – mais aussi dans le futur.»

Min Li Marti

Elle est née le 1er juin 1974 à Berne. Sa mère est chinoise et son père suisse.

Elle a étudié la sociologie, les sciences journalistiques, l’histoire économique et sociale. Par la suite, elle s’est perfectionnée en relations publiques, management et écriture de scénarios. En 2004, elle a cofondé la société de production de films «das Kollektiv».

Min Li Marti a siégé pendant 13 ans au parlement de la ville de Zurich dans les rangs socialistes. Depuis 2009, elle a été présidente de groupe. Elle a aussi officié comme co-responsable des campagnes du Parti socialiste suisse.

Elle a été élue au Conseil national en automne 2015. Elle est membre de la commission de la science, de l'éducation et de la culture. Min Li Marti est mariée à Balthasar Glättli, le chef de groupe des Verts au Conseil national.  


(Adaptation de l'allemand: Katy Romy)

×