
Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses de partout,
Aujourd’hui swissinfo.ch vous propose un éclairage sur le recul des naissances, un phénomène global qui n’épargne pas la Suisse. A l’aide de statistiques et des explications de démographes, on vous explique pourquoi on fait moins de bébés presque partout dans le monde, et pourquoi les politiques n’y changent pas grand-chose.
Dans cette sélection, il est aussi question d’un système d’asile sous pression, de la réaction critiquée de Berne à la mort d’Alexeï Navalny et de la lente progression de la représentation des femmes aux postes de direction.
Excellente lecture et bon week-end,

En Suisse, le taux de fécondité est tombé en 2022 sous 1,4 enfant par femme, un record à la baisse. Et le pays est loin d’être un cas isolé. A l’exception de l’Afrique subsaharienne, presque toutes les régions du monde font face à un décrochage des naissances.
Une combinaison de facteurs est à l’œuvre, selon les démographes. Les contraintes socio-économiques (prix des logements, stagnation des revenus, manque de mode de garde, etc.), le recul de l’âge de la maternité, l’anxiété liée à l’état du monde mais, aussi, un autre regard sur les enfants, de plus en plus perçus comme une charge dans un monde où les aspirations de carrière évoluent.
Ce phénomène reflète en grande partie de nouvelles aspirations individuelles. Mais il inquiète les gouvernements, car il présage un déséquilibre des générations, bon ni pour les retraites ni pour le marché de l’emploi. C’est pourquoi on voit dans plusieurs pays des tentatives gouvernementales d’inciter les gens à faire des bébés – à coup de primes ou de campagnes de sensibilisation.
Mais pour les spécialistes, seule une bonne politique familiale est susceptible d’influer sur les naissances, et seulement à la marge. Pas suffisamment en tout cas pour empêcher le monde d’entrer dans l’«ère de basse fécondité» annoncée.
- La fécondité chute en Suisse comme presque partout dans le monde
- Sans enfants, elles font le choix de la contraception définitive – RTSLien externe
- Le taux de natalité suisse est retombé à son plus bas niveau depuis 20 ans – RTSLien externe (novembre 2023)
- La baisse de la natalité va se poursuivre – 20 minutesLien externe (décembre 2023)
- La pénurie de main-d’œuvre reflète les grands défis démographiques à venir
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Le dossier de l’asile est en haut de la pile sur le bureau du nouveau ministre de la Justice, Beat Jans. Après un déplacement mardi à Chiasso (Tessin), où il a annoncé des mesures visant à «soulager le système», le socialiste est désormais attendu sur le cas explosif du centre fédéral d’accueil (CFA) de Boudry, dans le canton de Neuchâtel.
Le gouvernement neuchâtelois menace de résilier de manière anticipée la convention qui le lie à la Confédération concernant le CFA. En cause, des incivilités qui créent des tensions et inquiètent la population. Deux faits divers récents impliquant des requérants ont encore jeté de l’huile sur le feu. Comme d’autres, ce centre a à plusieurs reprises dépassé ses limites d’effectifs ces derniers mois.
Beat Jans a prévu de se rendre à Boudry au printemps, selon le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM). Le cas concerne toute la Suisse romande, car la structure est un premier lieu d’accueil avant que les requérant-es ne soient répartis dans les autres cantons. Une fermeture de ce centre engendrerait l’ouverture d’une autre structure ailleurs.
«Nous sommes dans une crise migratoire qui est sans précédent, a souligné la conseillère d’Etat vaudoise Isabelle Moret vendredi dans la Matinale de la RTS. Il faut prendre des mesures rapidement, dans tous les domaines, en matière d’hébergements, de renvois, d’acceptation par la population. Les cantons sont à bout et les communes sont acculées.»
- Centre d’asile de Boudry: Neuchâtel exige des améliorations, Beat Jans viendra – BlickLien externe
- Le ras-le-bol de Neuchâtel sur l’asile alerte Genève et Vaud – TamediaLien externe (sur abonnement)
- «Les cantons sont à bout et les communes acculées» – l’interview de la conseillère d’Etat vaudoise Isabelle Moret à la RTSLien externe
- L’asile devient un enjeu politique en Suisse romande – Le TempsLien externe (sur abonnement)
- Les demandes d’asile au plus haut depuis 2015 – RTSLien externe

La Suisse a réagi avec retenue à la mort de l’opposant au Kremlin Alexeï Navalny. Alors que d’autres gouvernements ont fermement condamné la Russie et tenu son président Vladimir Poutine pour responsable, la réaction mesurée de la Confédération a été jugée insuffisante par certains.
Dans sa réaction officielle, qui n’est venue ni de la présidente de la Confédération, ni du ministre des Affaires étrangères, la Suisse se dit «consternée par le décès d’Alexei Navalny». Berne indique attendre l’ouverture d’une enquête sur les causes de la mort de l’opposant, mais s’abstient de mentionner Vladimir Poutine, encore moins de le tenir pour responsable.
Cette position a été vertement critiquée par les organisations de défense des droits humains et plusieurs personnalités politiques de gauche. «La réaction du ministère des Affaires étrangères est remarquablement discrète et, à nos yeux, honteuse», a ainsi commenté Beat Gerber, porte-parole de la section suisse d’Amnesty International, dans la presse alémanique.
Mais l’objectif serait d’entrouvrir la porte au rétablissement de la paix et de regagner une partie du lustre perdu de ses bons offices. Faire preuve de retenue pourrait contribuer à apaiser les relations avec la Russie. Or «la Suisse envisage d’accueillir des pourparlers de paix et il est nécessaire qu’un représentant officiel de la Russie soit présent», explique le spécialiste Jussi Hanhimäki.
- Pourquoi la Suisse a réagi de manière mesurée à la mort de l’opposant russe Alexeï Navalny
- Rassemblements à Genève et Zurich pour honorer Navalny – watson.chLien externe (16 février)
- Oleg Radzinsky: «J’espère que la mort d’Alexeï Navalny réveillera les politiciens occidentaux»
- Les opposants à Vladimir Poutine critiquent la Suisse
- La neutralité suisse a-t-elle encore du sens?

Les progrès en matière de représentation des femmes aux postes de direction stagnent. Parmi les 100 plus grands employeurs du pays, 23, soit près d’une entreprise sur quatre, ne compte toujours aucune femme au sein de sa direction, selon une étude publiée vendredi.
La majorité des entreprises comptent une seule femme à la direction, d’après ce rapport de l’agence de recrutement de cadres Guido Schilling. Et alors qu’au cours des 5 dernières années, le nombre d’entreprises dénombrant au moins 30% de femmes dans leur direction a régulièrement augmenté (passant de 4 en 2019 à 21 en 2023), il redescend actuellement à 20, indique l’étude.
Cette tendance est imputée à la forte fluctuation du nombre de femmes à ces fonctions. L’année dernière, beaucoup plus de femmes ont démissionné de ces postes que les années précédentes. Ce qui s’explique notamment par le fait que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’avoir rejoint l’entreprise de l’extérieur plutôt que d’avoir été nommées en interne.
«Une personne extérieure (…) ne doit pas seulement prendre ses marques dans ce statut, mais aussi découvrir l’entreprise, sa culture et ses spécificités», relève le rapport, estimant que pour garantir à long terme la diversité des genres aux sein des directions, les entreprises ont tout intérêt à conserver des femmes dans leurs propres rangs, notamment dans les cadres intermédiaires.
- Le rapportLien externe
- La progression vers la parité s’essouffle dans les entreprises – ATSLien externe
- La Suisse recule au 13e rang sur l’écart hommes-femmes, selon le WEF – RTSLien externe (novembre 2023)

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