Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Lorsqu’un dirigeant peut choisir le moment de son départ, il préfère généralement s’en aller une fois la dernière tempête traversée et le navire arrivé à bon port.
Aujourd’hui, mon supérieur hiérarchique, le président de la SSR Jean-Michel Cina, a annoncé sa démission. Il sait toutefois sans doute que la prochaine tempête finira par arriver. Il appartiendra à la personne qui lui succédera de l’affronter.
Cordiales salutations depuis le Congrès des Suisses de l’étranger, à Brunnen, au bord du lac des Quatre-Cantons.
La situation de l’asile en Suisse s’est détendue ces derniers mois. Les demandes sont en recul. Malgré cela, la pression reste forte sur le conseiller fédéral Beat Jans, notamment en raison de la délinquance de certains requérants d’asile. Le ministre de la Justice monte désormais au créneau.
Une enquête du Blick met en lumière des chiffres préoccupants. Selon une statistique fédérale, huit requérants d’asile sur dix originaires d’Afrique du Nord commettent une infraction au cours de leur procédure. Vols à l’étalage, effractions de véhicules ou cambriolages figurent parmi les délits les plus fréquents. Bien que leurs chances d’obtenir l’asile soient faibles, les jeunes hommes du Maghreb représentent une part importante de la délinquance enregistrée dans le domaine de l’asile.
Dans la NZZ, Beat Jans prend position. «Le comportement d’une petite minorité de requérants d’asile nuit au système d’asile et constitue un abus du droit d’asile», déclare-t-il. Selon lui, son département agit déjà pour faire face à ces problèmes. «Nous avons mis en place un suivi individualisé et accélérons la transmission des délinquants multirécidivistes aux autorités de poursuite pénale», explique-t-il. Il estime toutefois que des adaptations législatives sont nécessaires afin de pouvoir «retirer plus rapidement de la rue» les auteurs d’infractions les plus actifs.
Beat Jans a également dévoilé sa stratégie. À propos de la procédure préliminaire qu’il souhaite instaurer dans le domaine de l’asile, le ministre de la Justice affirme vouloir «renforcer l’effet dissuasif». Et le conseiller fédéral de préciser: «Celui qui n’est pas en mesure de justifier sa demande d’asile et n’entre donc même pas dans la procédure n’a aucune raison de venir en Suisse.
Le président de la SSR Jean-Michel Cina a annoncé sa démission. À la tête du conseil d’administration depuis près de dix ans, il quittera ses fonctions une fois sa succession réglée, vraisemblablement au printemps 2027.
La Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), maison mère de Swissinfo, indique que le moment de ce départ n’a pas été choisi au hasard. Le changement à la présidence intervient alors que le projet stratégique «Enavant» entre dans sa phase de mise en œuvre et que la nouvelle direction a pris ses fonctions. «Le moment est donc venu de confier la présidence du conseil d’administration de la SSR à une nouvelle personne», souligne Jean-Michel Cina.
La SSR est actuellement engagée dans un vaste programme d’économies visant à devenir un «média plus numérique, plus agile et plus efficient». Cette réorganisation fait suite à la décision du Conseil fédéral de réduire la redevance radio-TV de 335 à 300 francs par ménage et par an. L’entreprise prévoit ainsi de supprimer quelque 900 postes d’ici à 2029.
La présidence de Jean-Michel Cina a été marquée par deux votations fédérales sur l’avenir de la SSR. En 2018, le peuple suisse a rejeté à près de 72% l’initiative «No Billag», qui visait à supprimer la redevance radio-TV. Au printemps 2026, il a également refusé l’initiative «200 francs, ça suffit!», qui prévoyait d’abaisser la redevance à 200 francs par ménage, par 61,9% des voix.
La sécheresse exceptionnelle de cet été a replacé le climat au cœur du débat politique. Dans un entretien, le président de la Confédération Guy Parmelin se dit choqué par la durée et l’ampleur du phénomène.
Les épisodes météorologiques extrêmes semblent décidément marquer ses années présidentielles. Dans une interview accordée à la SRF, Guy Parmelin relève: «Je suis président de la Confédération durant une année marquée par des vagues de chaleur et une sécheresse extrêmes. Lors de ma précédente année présidentielle, en 2021, c’étaient les inondations.»
À l’été 2026, les agriculteurs sont confrontés à la sécheresse et au manque de fourrage, tandis que les habitants des villes subissent des températures record. Le président de la Confédération et ministre de l’Agriculture Guy Parmelin rejette toutefois les accusations selon lesquelles le Conseil fédéral aurait tardé à prendre la mesure du changement climatique. «Nous savions que le changement climatique existait. Et, bien entendu, nous devons nous préparer à de futures périodes de sécheresse, qui seront encore plus fréquentes», affirme-t-il.
Vigneron de profession, Guy Parmelin rappelle que des projets d’irrigation ont été lancés il y a plusieurs années déjà dans son canton de Vaud. «Je pense que le choc provoqué par la sécheresse actuelle conduira à la multiplication des projets d’irrigation et de stockage de l’eau», estime-t-il.
Ancien espoir de l’UDC, Mark Kutter a quitté la Suisse pour Cuba il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui, il est de retour au pays avec sa famille. La profonde crise que traverse l’île l’a contraint à faire ce choix.
Au début des années 2000, Mark Kutter était considéré comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice). Son entourage et les médias avaient donc été d’autant plus surpris lorsque le président des Jeunes UDC de l’époque avait bouleversé ses projets de vie pour s’installer à Cuba, en 2003. Tombé sous le charme du pays lors de vacances, il y a fondé une organisation d’aide à l’enfance, mais aussi une famille.
Aujourd’hui, il est de retour à Winterthour, où le Tages-Anzeiger lui consacre un portrait. Mark Kutter décrit des conditions de vie devenues intenables à Cuba, encore aggravées par le durcissement des sanctions américaines. Une autre raison a pesé dans sa décision: «La qualité du système éducatif s’est elle aussi fortement dégradée. En tant que père suisse, c’était un argument essentiel pour permettre à mes enfants de suivre une formation professionnelle en Suisse.»
Mark Kutter n’a toutefois pas l’intention de refaire sa vie en Suisse. Il continue de diriger son organisation d’aide à distance et rêve de retourner à Cuba une fois la crise passée. «À condition que ma femme et mes enfants en aient encore envie d’ici là», ajoute-t-il.
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