Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Se préparer au pire et savoir comment réagir en cas de crise fait partie des missions du gouvernement. Dans notre monde numérisé, où les paiements électroniques occupent une place croissante, le pire pourrait aussi prendre la forme d’une panne d’internet à grande échelle. Mais rassurez-vous: même sans réseau et sans espèces dans votre portefeuille, vous devriez bientôt pouvoir continuer à faire vos achats en Suisse. C’est en tout cas la promesse du Conseil fédéral.
Bonne lecture!
Dans un monde toujours plus numérisé, une panne majeure d’internet figure parmi les scénarios qui préoccupent les autorités. Lundi, le gouvernement a présenté un dispositif qui permettra, d’ici à la fin de l’année prochaine, de régler ses achats avec une carte de débit ou de crédit même en l’absence de connexion.
Au moment du paiement, la transaction sera acceptée, mais les données ne seront pas immédiatement transmises à l’émetteur de la carte. Elles seront conservées dans le système du commerçant avant d’être envoyées dès que le réseau sera rétabli. Le dispositif ne fonctionnera toutefois ni avec les smartphones ni avec les cartes émises à l’étranger.
Comme il sera impossible de vérifier instantanément la disponibilité des fonds, le système sera limité afin d’éviter les abus. Seuls les achats de première nécessité pourront être effectués dans ce cadre. Les commerces alimentaires, les pharmacies et les stations-service devraient donc être les premiers à l’adopter.
Déjà utilisé dans certains pays d’Europe du Nord, ce système suscite néanmoins des réserves. L’une des principales critiques concerne le transfert de responsabilité en cas de cyberattaque, des banques vers les commerçants.
Si quelqu’un usurpait votre identité pour commettre un crime, vous feriez probablement tout votre possible pour réparer les dégâts. Les autorités suisses se sont retrouvées dans une situation comparable et ont introduit une nouvelle réglementation qui semble déjà porter ses fruits.
Si quelqu’un usurpait votre identité pour commettre un crime, vous feriez probablement tout votre possible pour réparer les dégâts. Les autorités suisses se sont retrouvées dans une situation comparable et ont introduit une nouvelle réglementation qui semble déjà porter ses fruits.
«This call is from the Swiss police», lance une voix robotique au téléphone. Ces derniers temps, de nombreuses personnes en Suisse ont reçu à plusieurs reprises ce type d’appel. Naturellement, il ne s’agit pas réellement de la police suisse (on s’en rend compte notamment à l’absence d’accent), mais de l’un des nombreux exemples d’escroquerie dans lesquels des malfaiteurs se font passer pour des représentants des autorités afin d’extorquer de l’argent.
Le nombre de cas de ce type signalés à l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) est toutefois passé d’environ 400 par mois à moins de 100 en juillet, après l’introduction d’une mesure obligeant les entreprises de télécommunication à identifier les appels provenant de l’étranger qui usurpent des numéros suisses.
L’OFCS reste néanmoins vigilant: au cours du premier semestre, il a reçu 27’128 signalements volontaires et 200 déclarations obligatoires concernant des cyberattaques visant des infrastructures critiques.
Faire ses premiers pas dans le monde du travail peut être une expérience merveilleuse ou au contraire très pénible en Suisse. Un article de la RTS se penche sur les disparités de traitement entre les jeunes qui effectuent un stage pendant leurs études.
La RTS cite d’un côté l’exemple d’un stagiaire dans une multinationale pharmaceutique, qui touche entre 2000 et 3000 francs par mois, bénéficie de repas et de cafés gratuits, d’un accès à une salle de fitness, travaille sur un projet utile pour ses études et est accompagné par un superviseur. De l’autre, une jeune femme raconte avoir travaillé gratuitement pour une ONG. «Tout le travail est fait par les stagiaires et le responsable est totalement absent», témoigne-t-elle. Des formations lui avaient été promises, mais elles ne se sont jamais matérialisées.
Ces disparités s’expliquent aussi par l’absence de loi fédérale sur la rémunération des stages. Les règles, lorsqu’elles existent, sont cantonales ou découlent de conventions collectives. Selon la Fédération estudiantine de Lausanne, la forte demande et la faible offre de places de stage permettent aux entreprises d’imposer leurs propres critères, avec le risque d’un dumping salarial qui compromet l’égalité de traitement. Pour accepter un stage à plein temps non rémunéré, il faut en effet pouvoir compter sur des moyens financiers suffisants ou sur le soutien de sa famille.
Selon le sociologue Dominique Glaymann, le problème dépasse la seule dimension financière. Des emplois autrefois réservés à des profils professionnels juniors sont aujourd’hui systématiquement confiés à des stagiaires. Un paradoxe pour un système censé faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail.
Le retrait de la nationalité suisse n’intervient que dans des circonstances exceptionnelles, notamment en cas de soutien à des organisations terroristes. Le Tribunal administratif fédéral a confirmé une telle décision dans une affaire très particulière, où la personne concernée, condamnée en France, pourrait devenir apatride.
Il s’agit d’un homme de 36 ans, né en Bosnie-Herzégovine et naturalisé suisse durant son enfance. En 2021, il a été condamné en France à quinze ans de prison pour avoir soutenu la préparation d’attentats terroristes et pour avoir administré plusieurs canaux de propagande et de recrutement liés à des organisations terroristes telles que l’État islamique.
Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a ordonné le retrait de la nationalité suisse au motif que l’intéressé avait commis des crimes graves et porté atteinte à la réputation de la Suisse. L’homme a toutefois recouru contre cette décision, affirmant notamment qu’il faisait l’objet d’une double sanction et risquait de devenir apatride après avoir renoncé à sa nationalité bosnienne.
Pour le tribunal, la question de la double sanction ne se pose toutefois pas, la dénaturalisation étant un acte administratif et non pénal. Le risque d’apatridie a été jugé acceptable en l’espèce, compte tenu de la forte probabilité que la renonciation à la nationalité bosnienne ait en réalité constitué une manœuvre destinée à échapper à la procédure en Suisse. Un recours reste possible devant l’instance supérieure, le Tribunal fédéral.
Texte traduit de l’italien/op
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