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Une clinique pour soigner les dépressions des ultrariches

Jan Gerber dans sa salle de sport privée. La méditation, le yoga et le jogging font partie de sa routine matinale.
Jan Gerber dans sa salle de sport privée. La méditation, le yoga et le jogging font partie de sa routine matinale. SRF

Située dans le quartier zurichois de Seefeld, la clinique Paracelsus Recovery combine prise en charge thérapeutique et prestations haut de gamme. Les personnes souhaitant y traiter un trouble psychique doivent toutefois disposer de moyens financiers conséquents. Le directeur de l’établissement, Jan Gerber, sait d’expérience ce que signifie être aisé tout en vivant avec un trouble mental. 

Tôt le matin, dans une épaisse brume: un éclairage extérieur programmé inonde les façades d’une maison à colombages ainsi que l’escalier de pierre qui relie la piscine à la salle de sport privée. 

 On y trouve un Reformer de Pilates, un tapis de course, un sauna, un jacuzzi et un bar de rafraîchissements. Au milieu de cet ensemble, Jan Gerber déroule son tapis de yoga. 

 Une routine matinale qu’il suit depuis sa dépression. «Le Covid est arrivé, mon entreprise était pratiquement en faillite, mon mariage s’effritait. Toute ma réalité s’est effondrée», raconte Jan Gerber en évoquant cette période.

«Rien que la suggestion de ma femme de l’époque — me mettre à la fenêtre et respirer profondément — me provoquait des crises de larmes.» Un séjour en clinique stationnaire l’a aidé à sortir de cette spirale descendante.

Ein Mann
L’entrepreneur Jan Gerber a autrefois souffert de dépression. Aujourd’hui, il est directeur général d’une clinique psychiatrique de luxe. SRF

Des histoires de ce type, il y en a beaucoup. Mais à la différence de bien d’autres, Jan Gerber est riche, très riche. « J’ai gagné plusieurs dizaines de millions grâce à des investissements et à des entreprises que j’ai créées puis revendues », explique‑t‑il.

Il a lui‑même constaté que la société éprouve peu de compassion lorsque des personnes fortunées souffrent de troubles psychiques.
« Or la douleur reste la douleur, quel que soit le montant inscrit sur le compte en banque. »

100’000 francs par semaine

Il défend aussi ce credo dans sa vie professionnelle. Jan Gerber dirige la clinique de santé mentale haut de gamme Paracelsus Recovery, au bord du lac de Zurich. « La majeure partie de notre clientèle est internationale, beaucoup viennent du Proche et du Moyen‑Orient », explique-t-il.

« Ce sont des descendants de familles aisées ou d’entrepreneurs à succès. Une petite partie provient de familles royales, du milieu du divertissement ou de la politique », précise-t-il.

Leurs souffrances sont les mêmes que celles des « mortels ordinaires » : problèmes d’addiction, dépression, troubles obsessionnels. Mais leurs possibilités thérapeutiques sont nettement plus extravagantes. Dans la clinique de Jan Gerber, au maximum trois personnes sont prises en charge en même temps, chacune strictement isolée des autres.

La clientèle séjourne dans un appartement‑penthouse et est prise en charge par une équipe d’une quinzaine de personnes : psychiatre disponible 24 h/24, psychothérapeute, chauffeur et chef privé.

Qu’il s’agisse de médecine conventionnelle ou d’équithérapie, tout ce qui est souhaité peut être organisé. Le coût s’élève à 100’000 francs par semaine.

Le penthouse de la clinique de luxe zurichoise : Jan Gerber effectuant une ronde de contrôle.
Jan Gerber effectue un contrôle dans le penthouse de la clinique. SRF

Qu’il partage lui‑même un parcours de souffrance similaire à celui de sa clientèle est utile, mais en rien une stratégie marketing. « J’ai plutôt été critiqué pour ne pas avoir été protégé, malgré ma profession, du risque de tomber moi‑même malade psychiquement », précise Jan Gerber.

Tente bédouine sur la terrasse

Les personnes fortunées ont‑elles vraiment besoin d’un tel cadre pour retrouver la santé ? En raison de leur statut, un séjour dans une clinique publique n’est souvent pas une option, fait valoir Jan Gerber.

« De plus, pour des personnes qui n’ont jamais fait leur lessive elles‑mêmes, il peut être plus accablant qu’utile pour leur rétablissement de ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie durant la thérapie », estime-t-il.

Même si la plupart des demandes des patients restent ancrées dans la réalité, certaines peuvent parfois être extravagantes et sont satisfaites lorsque c’est possible. Une tente bédouine avec feu ouvert sur la terrasse du toit n’a toutefois pas été autorisée par la police municipale.

Malgré tout ce luxe, Jan Gerber relativise : « Ce n’est pas parce que c’est coûteux et gourmand en ressources qu’un séjour chez nous constitue une pilule magique. »

Texte traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/op

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