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Les médias soulignent la victoire de la droite dure

Pour la presse, la votation du 24 septembre marque avant tout une victoire de la droite dure.

(swissinfo.ch)

Au lendemain des votations fédérales, la presse suisse commente surtout le double oui aux lois sur l'asile et sur les étrangers.

Les journaux romands se montrent les plus critiques, alors qu'outre-Sarine, on y voit d'abord le succès de Christoph Blocher. Mais tous s'accordent sur le fait que la gauche a vécu un dimanche noir.

«La gifle», «Etat d'esprit malsain», «Le oui du désarroi», peut-on lire dans les éditoriaux les plus sévères, emmenés par Le Courrier. Le quotidien de gauche genevois estime qu'il y a «de quoi déprimer le plus optimiste des militants des droits humains».

Le Quotidien Jurassien n'est pas beaucoup plus tendre: il s'inquiète de l'état d'esprit que sous-tend les résultats de ce week-end. «Un esprit de repli sur soi, le rejet des différences, l'exaltation du sentiment national, le refus de collaborations internationales et finalement même un euroscepticisme», énumère le journal.

Si la presse ne parle pas ouvertement de xénophobie, plusieurs journaux remarquent en revanche que l'étranger ou le migrant, c'est selon, devient un bouc émissaire aux peurs des citoyens suisses. Mais, avertit La Tribune de Genève, «tous les citoyens qui attendaient de ces lois la disparition des étrangers de leur champ de vision seront déçus».

A l'instar du journal genevois, d'autres éditorialistes estiment que «tout reste à faire», à savoir la mise en vigueur et en pratique de ces deux nouvelles lois. Le Matin espère d'ailleurs qu'il n'y aura pas de «dérapage».

Victoire personnelle de Christoph Blocher

De l'autre côté de la Sarine, la presse se montre passablement moins critique. Elle met surtout en exergue le succès politique du ministre de Justice et Police Christoph Blocher et de son parti, l'Union démocratique du centre (UDC / droite dure).

Le Tages Anzeiger parle du «plus grand succès» de Christoph Blocher en tant que ministre. La Neue Zürcher Zeitung évoque quant à elle une «victoire personnelle» pour le ministre.

Force est donc de constater que le thème de l'asile et des étrangers reste un moteur pour l'UDC à un an des prochaines élections fédérales. Et d'aucun prédisent déjà que le plus grand parti du pays ne va pas se priver de continuer à surfer sur cette vague. «UDC: et maintenant contre les minarets & Co.», titre d'ailleurs la Südostschweiz.

Pour autant, le résultat de dimanche ne constitue pas un chèque en blanc pour l'UDC. «Car les Suisses demeurent attachés à la tradition humanitaire qui appartient à leur identité, note Le Matin. Sous-estimer cet attachement serait une erreur, d'où la nécessité d'appliquer les lois d'une manière raisonnable.»

Déroute de la gauche

Si les commentateurs identifient clairement l'UDC comme le grand vainqueur de ces votations, ils cernent également le grand perdant de la journée: la gauche.

Le Blick résume bien l'opinion générale en n'hésitant pas à parler de «flop» pour la gauche. «Il serait temps qu'elle prenne sérieusement en compte la peur des gens», écrit le grand journal populaire alémanique.

Cet avis est partagé par le Corriere del Ticino qui écrit: «lorsque l'on est si éloigné des pensées et des préoccupation des gens, même les meilleures intentions et les techniques de persuasion les plus sofistiquées ne permettent pas d'atteindre le but recherché».

Cette défaite de la gauche sur ce thème était certes prévisible. Mais elle ne prend que plus d'ampleur avec le refus de l'autre grand sujet de ces votations, l'initiative COSA.

Mais la gauche n'est pas la seule perdante de la journée. Les Eglises, qui ont fait campagne contre les deux lois, ont également été désavouées. Le Temps, par exemple, souligne «la lourde défaite des autorités intellectuelles, culturelles ou religieuses» et ajoute que leur «perte d'influence politique ne cesse de se creuser».

Peur d'une coupe des prestations

Les commentateurs se sont beaucoup moins arrêtés sur l'initiative COSA. Ceux qui l'ont fait ont d'abord été surpris par l'ampleur du refus pour une initiative qui, lors du premier sondage d'opinion, était encore créditée de plus de 60% d'avis favorables.

Mais le résultat n'est finalement pas étonnant, car cette initiative de la gauche n'apportait pas une solution à long terme au financement de l'assurance vieillesse. «Les Suisses veulent une AVS sûre, note le Blick. Mais l'initiative n'était tout simplement pas assez bonne.»

Par ailleurs, les pertes financières pour les cantons ont joué un grand rôle dans le résultat. «L'invocation à l'AVS et aux peurs de sa prochaine ruine n'a pas résisté devant la crainte, plus immédiatement palpable, de voir les cantons tailler dans les prestations pour compenser ce qui leur serait retiré par ce jeu de tuyauterie financière», conclut le Temps.

swissinfo et les agences

Faits

Nouvelle Loi sur les étrangers: acceptée par 68% des votants
Révision de la Loi sur l'asile: acceptée par 68% des votants
Initiative COSA: refusée par 58% des votants
Participation: 48%

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Trois thèmes de votation

Dimanche, les citoyens devaient se prononcer sur deux référendums (contre les lois sur les étrangers et sur l'asile) et une initiative populaire.

La Loi sur les étrangers impose des conditions plus strictes à la venue d'étrangers extra-européens en Suisse. Désormais, les portes ne leur seront ouvertes que si les besoins de l'économie l'exigent.

La Loi sur l'asile a pour but de limiter les abus et la venue de «faux réfugiés». Le texte prévoit notamment un contrôle plus strict des identités et l'exclusion des requérants déboutés de l'aide sociale.

L'initiative COSA demandait que les bénéfices de la Banque nationale servent à financer l'assurance vieillesse et survivants, au lieu d'être partagés entre les cantons et la Confédération. Seul un milliard de francs aurait été réservé aux cantons.

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