Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Metaworx, la relève interactive suisse

Sous l'igloo de Metaworx, le projet Findus met en scène des poissons interactifs.

(Keystone Archive)

Fruit d’une collaboration de sept hautes écoles spécialisées, Metaworx questionne l’interactivité par des projets sociaux ou artistiques.

Les caravanes de cette exposition itinérante sont présentes en marge du Sommet de l’Information à Genève.

Trois caravanes argentées des années cinquante reliées à un igloo gonflable abritent les projets des étudiants des hautes écoles spécialisées (HES) de Bâle, Zurich, Argovie et Genève.

Pas de mystère: la coquille de Metaworx symbolise clairement les belles utopies véhiculées par la société de l’information, notamment l’extraordinaire promesse de mobilité grâce aux nouveaux moyens de communication.

Mais ce sont justement les déceptions (la fracture digitale qui s’accroît, le e-business qui ne marche pas bien, les investissements publics et privés qui se réduisent comme peau de chagrin) accompagnant ces prétendus progrès qui ont poussé Mischa Schaub à lancer cette opération.

«Nous devons aller vers le public, clame le professeur de Hyperwerk, HES de Bâle. Leur montrer quels sont les espoirs, les dangers et les potentiels de ces développements médiatiques.»

Il craint en effet que l’on «n’investisse plus dans ce domaine», pourtant c’est l’avenir de notre société occidentale dont l’industrie se meurt, ne laissant que des services à développer.

En l’occurrence, cet avenir est ce que l’on nomme l’ère post-industrielle dans laquelle les outils technologiques occupent une place prépondérante.

Et d’épingler au passage les partis politiques «qui ne parviennent pas à dépasser leurs clivages gauche-droite hérités de l’époque industrielle». Et qui sont, par là-même, incapables d’avoir de réelles visions pour notre avenir.

La curiosité l’emporte



Que Mischa Schaub se rassure, le lancement de la tournée Metaworx a rencontré un beau succès. Les «trailers» et l’igloo n’ont pas désempli en novembre à Bâle lors de «Viper», festival international de films vidéo et de nouveaux médias.

Et pourtant, comme souvent face à des installations interactives, le public se montre quelque peu perplexe. Mais là, la curiosité et certainement la qualité de la plupart des projets ont pris le dessus.

C’est qu’il y avait de quoi combler les amateurs de sensations physiques comme ceux qui approchent l’interactivité avec un œil artistique ou qui s’interrogent sur ses possibilités de développement social.

Dans le «trailer» de l’équipe du professeur Schaub, on trouvait une majorité de projets concrets comme barrioCom, création d’un e-business low tech à Quito (Equateur) financé par la Banque mondiale.

Comme ailleurs en Amérique du Sud, les cafés Internet fleurissent dans la capitale équatorienne. Andreas Springer a donc examiné les solutions techniques que pourraient utiliser les paysans pour, par exemple, vendre leur vache. Et ensuite s’assurer qu’elles soient bien comprises.

«Trop souvent, on installe une machine en disant aux populations soyez heureux, s’écrie Mischa Schaub. Mais ensuite, ça ne fonctionne jamais.»

Moins loin, dans le Gundeldingen, quartier métissé et défavorisé de Bâle, on trouve le Winomat, un distributeur d’information (de la consommation au sida) en neuf langues.

Réalisé sur le modèle des automates à boisson, il a rencontré un succès ahurissant: 45'000 interactions en 12 jours. Mieux, pas un seul acte de vandalisme n’a été à déplorer.

Lors de cette première étape de la tournée Metaworx, on a aussi assisté au lancement de la Statement Station, un collecteur de témoignages interactifs qui peut devenir un outil de documentation autour d’un thème ou d’un projet concret.

Statement Station fait partie de Gateway2, un projet interrégional d’utilisation du média interactif entre la Suisse, l’Alsace (F) et le Bade-Wurtemberg (D). Qui lui-même est un module de Salm2.

L’Interactivité dans l’art

Et puis, il y a aussi toute une série de projets interactifs purement artistiques, des «performances effectuées par le spectateur», explique Stephan Haltiner, co-auteur de «Fluegiflueg».

Vol virtuel dans les airs coiffé d’un casque qui restitue les différents murmures du vent au gré de notre position, cette expérience est l’une des plus sensorielles et poétiques de Metaworx.

Juste à côté, des poissons rouges nagent dans un bocal et libèrent des sons activés par des capteurs sensoriels. Plus loin, se trouve un karaoké dont le défilement des images est rythmé par la voix du chanteur amateur.

Selon le professeur bâlois Mischa Schaub, les écoles ont choisi des orientations diverses. Les Genevois ont par exemple examiné l’interactivité sous l’angle de la peur de la solitude ou celle d’être surveillé.

De leur côté, les Zurichois de l’Ecole supérieure d’art et de design et les Bâlois de vis.com ont étudié les possibilités d’interactions visuelles dans le design, le paysagisme ou l’architecture.

swissinfo, Anne Rubin

En bref

- Metaworx est le fruit d’une assocation entre 7 Hautes écoles spécialisées de Beaux-Arts et instituts de recherche.

- Il s’agit du Département d’études en nouveaux médias (Zurich); IN3 (Bâle); Art graphique, art numérique (Bâle); Atelier zéro1 (Genève); Hyperwerk (Bâle); Département d’études en art numérique (Argovie); Communication visuelle (vis.com-Bâle).

- Son but est la diffusion des travaux interactifs devant un large public.

- Metaworx est une exposition itinérante, un DVD, une plate-forme internet et un catalogue publié tous les deux ans par Birkhaüser.

- Metaworx est présente sur la place du Forum de Meyrin les 8 et 9 décembre. Ensuite, à mi-janvier à Zurich devant l’Ecole des Beaux-Arts.

Fin de l'infobox


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.








Teaser Longform The citizens' meeting

Teaser Longform The citizens' meeting

1968 en Suisse