La sécurité sur Internet est à revoir
Une équipe de scientifiques parmi lesquels des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne sont parvenus à «casser» une clef de sécurité de 768 bits sur Internet. Ils ont démontré que si les standards de cryptage actuels demeurent solides, les utilisateurs devront migrer à moyen terme vers des systèmes plus sûrs.
Les systèmes cryptographiques garantissent la sécurité des échanges de données sur Internet: ils sont au cœur du commerce électronique. S’assurer de leur fiabilité est dès lors crucial, a souligné vendredi l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Les chercheurs de l’EPFL, de l’INRIA (France), NTT (Japon), de l’Université de Bonn (Allemagne) et CWI (Pays-Bas) sont parvenus à casser la clé RSA de 768 bits en extrayant les facteurs premiers de
ses 232 chiffres. Grâce notamment à la puissance de traitement des processeurs modernes, ce nouveau record mondial a été atteint en moins de deux ans et demi de travaux.
Des calculs du même type ont permis de montrer la vulnérabilité des clefs RSA de 512 bits en 1999, puis de 663 bits en 2005 et enfin maintenant de 768 bits. Il faut déjà s’attendre à ce que la clef RSA de 1024 bits utilisée actuellement perde son inviolabilité au cours de la prochaine décennie, relève le communiqué.
Pour Arjen Lenstra, du Laboratoire de cryptologie algorithmique à l’EPFL, ce résultat doit inciter à utiliser de plus hauts niveaux de sécurité que ceux offerts par la clef RSA de 1024 bits. Mais, rassure
le professeur, les utilisateurs ne courent pas de grands risques à conserver ce système de chiffrement durant ces prochaines années de transition.
swissinfo.ch et les agences
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