Tous les élèves suisses devront être trilingues

Le projet ne vise pas seulement à promouvoir l'anglais, mais aussi - et surtout - la seconde langue nationale. Keystone

Tous les écoliers suisses devront connaître au moins trois langues. L´enseignement des langues étrangères devra démarrer plus tôt et être intensifié. C'est ce que recommande la Conférence des directeurs cantonaux de l´instruction publique (CDIP).

Ce contenu a été publié le 31 août 2000 - 22:09

Alors que la mode est à la langue de Shakespeare, ou plutôt de Bill Gates, la CDIP a remis, jeudi à Berne, l'église au milieu du village. Certes, l'anglais va devenir une langue obligatoire pour tous les enfants scolarisés. Mais le niveau atteint dans la deuxième langue nationale (l'allemand pour les Romands, le français pour les Alémaniques) «devra être plus élevé qu'en anglais».

Concrètement, la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique propose d'intensifier l'enseignement des langues étrangères. Elle suggère donc à l'unanimité l'introduction de la première langue étrangère dès la 3ème année primaire déjà, et celle de la deuxième langue dès la 5ème année.

Alors que la Suisse est par nature plurilingue, alors que la globalisation pousse de plus en plus à une communication internationale, la CDIP estime que la Suisse doit faire encore davantage d'efforts. Et de recommander de maintenir la cohésion nationale en intensifiant l'apprentissage d'une deuxième langue nationale.

Car les pressions sont déjà très fortes dans plusieurs cantons alémaniques qui ont mis l'anglais au premier plan, avant l'apprentissage du français.

Pour l'heure, le CDIP laisse aux cantons le choix de la première langue étrangère étudiée. Tout en mettant en garde contre le risque de la perte de la cohésion nationale en Suisse. Car, sans conteste, les écoliers, qu'ils soient romands ou alémaniques, préfèrent à priori apprendre l'anglais.

Le projet devrait être définitivement adopté lors de la prochaine session plénière de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique en novembre. Le projet semble en effet en très bonne voie.

Hans Ulrich Stöckling, président de la CDIP, conseiller d'Etat et directeur du Département de l'instruction publique du canton de Saint-Gall, a précisé que les disputes souvent acérées qui avaient lieu autrefois entre les cantons ont pratiquement disparu. Désormais, on se dirige davantage vers un véritable consensus national suisse. Bref, si tout se passe bien, la réforme scolaire envisagée pourrait entrer en vigueur d'ici cinq à dix ans.

Catherine Miskiewicz

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