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La Suisse est un terreau fertile pour l'essor de la technologie blockchain, avec à la clé tout un écosystème, mais la concurrence internationale prend de l'ampleur. (archives)

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

La Suisse possède une longueur d'avance en tant que site pour la blockchain mais doit accélérer la dynamique pour garder ses rivaux à distance, ont affirmé des spécialistes de la question réunis jeudi à Crans-Montana à l'initiative du Greater Geneva Bern area (GGBa).

"Nous sommes assis sur un puits de pétrole", a lancé l'entrepreneur Vincent Trouche.

"Des centaines d'emplois se créent actuellement en Suisse autour de l'économie de la blockchain", a relevé Alexis Roussel, un des pionniers du secteur, fondateur de Bity.com. Il a souligné à quel point il avait trouvé des interlocuteurs sensibles à sa démarche à Neuchâtel, où il a pris ses quartiers il y a quelques années après avoir essuyé des revers à Genève.

Entre-temps, le canton de Genève s'est repris et a créé un terreau favorable aux start-up du secteur, avec tout un écosystème (incubateur pour l'innovation, avocats spécialisés, soutien politique, formation académique) sur lequel il entend capitaliser, comme l'ont laissé entendre les intervenants.

L'auditoire était rempli d'entrepreneurs de divers horizons, notamment de Français intrigués par le modèle suisse. "En France, quand j'ai voulu monter mon projet autour de la blockchain, on m'a d'abord bloqué mes fonds tout en me réclamant des impôts, avant même que mon projet démarre. J'ai alors contacté l'ambassade de Suisse à Paris, qui m'a immédiatement reçu et mis en contact avec la GGBa. Aujourd'hui je lance ma société à Neuchâtel", a témoigné l'un d'eux.

Egalement prêts à se laisser convaincre, deux Alsaciens de la société ADMCS sondent les opportunités suisses pour lancer leur projet de transport de conteneurs basé sur la blockchain, une innovation dans ce secteur "très conservateur qui en est resté au fax et au téléphone", selon eux. La marchandise serait enregistrée dans la chaîne de blocs (blockchain) réputée infalsifiable, et tout le trajet pourrait être tracé sans faille, sans nécessité d'en appeler à des intermédiaires extérieurs pour authentifier le tout.

Finma visionnaire

"Quand la fondation Ethereum est allée poser ses valises à Zoug pour lancer son réseau de blockchain, en 2014, la Finma (le gendarme financier suisse) a choisi de ne pas interdire, contrairement à d'autres Etats", a relevé Florian Ducommun, associé à l'étude d'avocats HDC à Lausanne.

Un pari payant: "La Suisse jouissait d'une forte crédibilité en matière financière à l'étranger. Du coup, les acteurs de l'extérieur se sont intéressés aux structures suisses pour venir y lancer leur ICO (levée de fonds via l'émission d'actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaires).

L'élan était né, renforcé par l'arrivée en force de Zurich puis de la Suisse romande, en passe de rattraper son retard, à en croire les intervenants, grâce notamment à l'expertise de Vincent Pignon, conseiller pour le numérique du canton de Genève. "La compétition (pour attirer des entreprises) est toujours plus rude, mais la Suisse est dans une bonne dynamique. Il ne faut pas hésiter à accélérer encore", a plaidé ce dernier.

Une rencontre est prévue la semaine prochaine avec un groupe de banques pour les convaincre d'accompagner cet élan. "Même les banques privées commencent à se dérider", observe Alexis Roussel.

Pour Vincent Trouche, directeur de Tokenestate.io, "une grosse fenêtre d'opportunité s'ouvre pour la Suisse. Le pays doit convertir cet avantage pour en dégager des profits pérennes, en s'appuyant sur son réseau de compétences (clusters) mis en place autour des start-up du secteur."

Selon lui, la nouvelle tendance, après les ICO, est celle des "Security tokens" (jetons d'investissement), des représentations numériques d'un actif, financièrement régulées, qui donnent droit à des parts d'une entreprise. Une opportunité de plus.

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ATS