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La droite et l'extrême droite scellent leur accord de gouvernement

Chef de la diplomatie autrichienne depuis 2013, M. Kurz (D) se flatte d'être un des principaux artisans de la fermeture aux migrants de la route des Balkans en 2016. Il s'était rapproché pendant sa campagne électorale des thématiques du FPÖ, dirigé par M. Strache (G). KEYSTONE/AP/RONALD ZAK sda-ats
Ce contenu a été publié le 15 décembre 2017 - 22:32
(Keystone-ATS)

Le conservateur Sebastian Kurz et le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) ont scellé vendredi leur accord de coalition. Le jeune dirigeant chrétien-démocrate accède ainsi à la chancellerie et l'extrême droite européenne parachève une année de succès.

"Nous sommes parvenus à un accord de gouvernement pour les cinq prochaines années afin d'apporter le changement promis", a annoncé au terme d'une dernière journée de négociations M. Kurz. A 31 ans, il doit devenir le plus jeune dirigeant au monde.

L'investiture du nouveau gouvernement par le président de la République Alexander Van der Bellen est prévue pour lundi, après ratification officielle du pacte de coalition par les deux partis samedi. Cette alliance vient couronner une année faste pour l'extrême droite en Europe, qui a également réalisé une forte progression aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, sans toutefois parvenir à s'y hisser au pouvoir.

Succès attendu

Les deux partis avaient déjà refermé la quasi-totalité des chapitres de leurs négociations, notamment sur la sécurité, l'économie et l'immigration. Ils devaient encore s'entendre vendredi sur la "démocratie directe", une promesse de campagne du FPÖ contestée par les conservateurs.

Le succès de ces négociations était largement prévu. Chef de la diplomatie autrichienne depuis 2013, M. Kurz se flatte d'être un des principaux artisans de la fermeture aux migrants de la route des Balkans en 2016. Il s'était rapproché pendant sa campagne électorale des thématiques du FPÖ, notamment sur l'immigration.

En 2000, l'entrée du FPÖ au gouvernement avait provoqué des sanctions européennes. Un tel scénario est cependant jugé très improbable aujourd'hui, dans un contexte général de montée des partis populistes et antimigrants. D'autant plus que le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, 48 ans, a veillé à lisser l'image de sa formation.

Ministères régaliens au FPÖ

M. Kurz, qui a pris au printemps la tête du Parti chrétien-démocrate qu'il a refaçonné à son profit, avait provoqué les législatives anticipées du 15 octobre en mettant fin à la grande coalition que les conservateurs ont formée ces dix dernières années avec le parti social-démocrate du chancelier sortant Christian Kern. Les conservateurs ont remporté le scrutin avec 31,5% des voix, devant le sociaux-démocrates (26,9%) et le FPÖ (26%).

Selon des indiscrétions concordantes, le FPÖ doit décrocher plusieurs ministères régaliens dont l'Intérieur et les Affaires étrangères, deux portefeuilles qui lui avaient échappé au cours de sa précédente expérience gouvernementale.

Autre concession faite au FPÖ, M. Kurz, malgré ses réticences, a accepté que l'Autriche renonce à faire appliquer une interdiction totale du tabac dans les bars et les restaurants. M. Strache exigeait l'annulation de cette dernière qui devait entrer en vigueur en mai prochain. M. Strache a estimé que l'accord de gouvernement intégrait "bien plus de 50% de positions FPÖ".

"Tolérance zéro" envers l'antisémitisme

La perspective d'un retour au pouvoir de ce parti fondé par d'anciens nazis a suscité l'inquiétude d'organisations civiques et de la Communauté israélite (IKG) d'Autriche, laquelle a mis en garde contre une entrée du "loup nationaliste" au gouvernement.

M. Kurz a toutefois assuré qu'une "tolérance zéro" envers l'antisémitisme était une "condition préalable claire" à une entrée dans son gouvernement.

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