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La prévention doit cibler les femmes, selon la Suva

Ce contenu a été publié le 09 janvier 2013 - 14:12
(Keystone-ATS)

Les femmes ont plus souvent des accidents de la route que les hommes. Ce renversement de tendance, connu depuis quelques années, doit amener à modifier la manière de faire de la prévention et à cibler davantage les conductrices, plaide la Suva. Une conclusion que rejette vivement le Bureau de prévention des accidents.

La nouvelle étude publiée mercredi par la Suva, issue du Service de centralisation des statistiques de l'assurance-accidents, confirme que les femmes sont désormais celles qui ont proportionnellement le plus d'accidents.

Les conductrices ne sont toutefois pas devenues plus dangereuses qu'auparavant. Le renversement de tendance est dû au fait que le risque a baissé de manière plus importante au cours des dix dernières années chez les hommes que chez les femmes.

Risque deux fois plus élevé

Conséquence, le risque d'accident de la route chez les femmes est actuellement de 25% supérieur à celui des hommes. Si l'on compare la fréquence des accidents par rapport aux kilomètres parcourus (les femmes parcourent en moyenne 40% de kilomètres de moins que les hommes), leur risque est même deux fois plus élevé, assure la Suva.

Plus précisément, le risque se concentre chez les femmes actives et sur la tranche horaire de 07h00 à 08h00 du matin. Le stress et le manque de pratique de la conduite expliqueraient ce phénomène.

Revoir la prévention

Devant ces résultats, la Suva recommande une prévention accrue dirigée vers les femmes et en particulier les femmes actives. En effet, "la forte diminution de l'accidentalité des hommes au cours des dernières années prouve l'utilité d'une prévention ciblée".

Cette demande fait vivement réagir le Bureau de prévention des accidents. Le bpa ne conteste pas le fait que les femmes présentent un risque d'accident plus élevé. Il a même été l'un des premiers a publier début 2011 une étude sur le sujet.

Opposition en bloc du bpa

Mais le bpa rejette vivement les conclusions de la Suva en matière de prévention. Il est faux de vouloir cibler les conductrices, estime-t-il.

Les programmes de prévention doivent se baser sur le nombre d'accidents absolus et non pas sur les risques proportionnels de chaque catégorie démographique, défend le bpa. Le but est en effet de réduire le nombre global d'accidents. Ceux-ci concernent majoritairement les hommes.

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