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Le pouvoir judiciaire attise les tensions avec M. Erdogan

Ce contenu a été publié le 25 avril 2014 - 18:11
(Keystone-ATS)

Le président de la Cour constitutionnelle, plus haute instance judiciaire turque, a sèchement rejeté vendredi les critiques adressées par le Premier ministre. "Les tribunaux ne reçoivent pas d'ordres", a dit Hasim Kiliç. Pour le ministre de la Justice, les propos du président de la Cour sont "inacceptables".

Le conflit entre le pouvoir islamo-conservateur et la Cour constitutionnelle dure depuis quelques semaines. Il s'est nettement durci vendredi, avec des attaques verbales de part et d'autre.

La cour suprême a récemment infligé plusieurs revers au régime. Elle a en partie annulé une réforme visant à renforcer son emprise sur l'appareil judiciaire, et rouvert l'accès à Twitter, qu'avait interdit le pouvoir.

En ordonnant début avril cette levée du blocage du réseau, les magistrats ont fortement déplu au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Indépendance de la justice

Ce dernier ne s'est pas privé de les critiquer: "Nous devons appliquer le jugement mais je ne le respecte pas". M. Erdogan a aussi accusé les juges d'agir contre les intérêts nationaux.

"Dans un état de droit, les tribunaux ne reçoivent ni ordres, ni instructions. De plus ils ne peuvent être guidés par des sentiments d'amitié ni d'hostilité", a expliqué le président de la cour suprême, lors d'une allocution télévisée à l'occasion du 52e anniversaire de la création de son institution.

M. Kiliç a aussi souligné la nécessité de préserver l'indépendance de la justice en Turquie. Il a accusé M. Erdogan d'avoir émis des critiques disproportionnées sur les jugements de la Cour, et critiqué ses vastes purges dans la magistrature depuis la révélation mi-décembre d'un scandale de corruption touchant M. Erdogan et son entourage.

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