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Massacre de 1988 en Iran: le Zurichois Nils Melzer veut des comptes

Le rapporteur spécial de l'ONU contre la torture Nils Melzer demande à Téhéran de mener des investigations sur le massacre de 1988 en Iran et estime que dans le cas contraire un dispositif international devra être lancé (archives). KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI sda-ats
Ce contenu a été publié le 09 décembre 2020 - 15:07
(Keystone-ATS)

Le rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, demande à l'Iran des comptes sur le massacre de 1988. Si Téhéran n'oeuvre pas, une investigation internationale doit être lancée. Il veut aussi la libération de l'activiste Nasrin Sotoudeh.

Dans une lettre aux autorités iraniennes qui remonte à début septembre mais dévoilée dans la nuit de mardi à mercredi, M. Melzer et une dizaine de ses collègues experts indépendants de l'ONU mentionnent de "possibles crimes contre l'humanité" en 1988. Quelque 30'000 détenus auraient été tués dans ces violences.

Parmi les victimes figuraient de nombreux soutiens des opposants en exil de l'Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI). Des personnalités internationales se sont activées depuis plusieurs années pour demander à la communauté internationale un mécanisme.

Dans un enregistrement révélé il y a quatre ans seulement, un héritier du guide suprême de la révolution dénonce le "plus grand crime" en Iran perpétré par les membres de la Commission d'amnistie. Huit fosses communes ont aussi été retrouvées. En 2017, une rapporteuse spéciale de l'ONU sur l'Iran avait demandé pour la première fois des investigations indépendantes à Téhéran.

Consternation pour Sotoudeh

La lette de septembre va plus loin en affirmant que si l'Iran continue de ne pas honorer "ses obligations", une investigation internationale indépendante devra être lancée.

Mercredi, M. Melzer et une dizaine de ses collègues ont aussi dénoncé le retour en prison de l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, condamnée l'année dernière à une importante peine de détention. Ils ont appelé à sa libération immédiate. Mme Sotoudeh, qui a reçu cette année le Prix Livelihood, considéré comme le Nobel des droits de l'homme, avait été provisoirement relâchée il y a un mois alors que ses conditions de santé étaient très inquiétantes.

Les experts indépendants de l'ONU sont "consternés" alors que les médecins ont recommandé de ne pas renvoyer en prison l'avocate, qui avait été récemment atteinte du coronavirus. Ils déplorent que cette "détention arbitraire" se prolonge et considèrent que les autorités violent leurs obligations internationales.

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