La Suisse se déplace en petit comité
Il n’y aura que cinq représentants helvétiques aux championnats du monde de natation à Montréal. La Tessinoise Flavia Rigamonti peut monter sur le podium.
Le point avec l’ancien recordman du monde du 50 mètres libre, le Vaudois Dano Halsall (42 ans).
Le 21 juillet 1985, Dano Halsall parcourait les 50 mètres du bassin de Bellinzone en 22″52. Un temps qui allait être la référence mondiale pendant quatre mois et demi. En Suisse, il a fallu attendre plus de 19 ans pour qu’un nageur fasse mieux.
Aux Jeux olympiques d’Athènes, en août 2004, Karel Novy abaissait d’un centième de seconde le plus vieux record de Suisse. En études, le Vaudois ne sera pas de la partie à Montréal. Un désistement que Dano Halsall déplore.
swissinfo: La délégation helvétique présente à ces championnats du monde à Montréal est l’une des plus petites de l’histoire. La faute aux critères plus sévères pour les relais établis par la fédération suisse, désireuse de privilégier les courses individ
Dano Halsall: Il est vrai que pour un jeune, qui n’a pas réalisé les temps nécessaires en qualifications, participer à des championnats du monde peut être le détonateur pour la suite de sa carrière. Mais personnellement, j’estime que le tourisme n’a pas sa place à ce niveau de la compétition.
swissinfo: La fédération a également décidé que les nageurs ne disputeraient plus que les épreuves pour lesquelles ils ont obtenu la limite. Un choix logique, non?
D.H.: Pas forcément. Certains nageurs ont besoin de prendre part à une deuxième course, dans laquelle ils n’ont aucune ambition, afin d’être prêt pour l’épreuve importante. Il faudrait laisser ce choix à l’athlète.
Appliquer des règles trop strictes n’a pas de sens dans le cas de la natation suisse. Nous ne sommes pas dans la situation des Etats-Unis. Les sélections y sont plus intransigeantes car ils ont de toute manière deux représentants dans chaque course. Ce qui n’est pas notre cas.
Limiter le nombre d’épreuves pour que les nageurs suisses soient plus efficaces n’est pas non plus un argument valable. Peu d’entre eux multiplient les compétitions et nager 2 à 3 courses en 8 jours n’est pas énorme. En comparaison, l’Américain Michael Phelps alignera vraisemblablement une vingtaine de course pendant la durée de ces championnats du monde.
swissinfo: L’entraîneur national a établi deux scénarios: le premier table sur quatre finales, le second, plus optimiste, comprend six finales et deux médailles…
D.H.: Flavia Rigamonti a les moyens de décrocher une ou deux médailles. Elle a le talent nécessaire et elle fournit un travail énorme pour arriver à ses fins. Personnellement, je garderais également un œil attentif sur Dominik Meichtry.
swissinfo: Le Vaudois Karel Novy, qui a renoncé à sa sélection pour les championnats du monde au profit de ses études, sera le grand absent au Canada. Qu’est-ce que cela vous inspire?
D.H.: Le sport se gère avec passion. A la base, c’est souvent un rêve d’enfant, un rêve qui ne devient possible par la suite que si on s’investit à 200%. Vouloir concilier de nos jours une carrière sportive au plus niveau et des études ou un métier est parfaitement illusoire.
Il est inimaginable de fournir un autre effort entre deux séances d’entraînement quotidiennes. Ces périodes doivent être accordées au repos, aux soins dont le sportif a besoin afin d’enchaîner 10 à 12 heures par semaine.
Malheureusement, ce n’est pas toujours possible en Suisse. Je n’arrive pas à me faire à l’idée que dans notre pays, si riche, nous n’arrivons pas à trouver les fonds suffisants auprès des différents milieux économiques pour soutenir la cinquantaine de sportifs de haut niveau.
Nos athlètes doivent ainsi se débrouiller seuls, pendant leur carrière, mais aussi après celle-ci. Il manque une réelle volonté politique. Un déficit qui oblige des sportifs comme Karel Novy à jongler entre études et sport.
swissinfo, interview Raphael Donzel
Les championnats du monde de natation ont lieu du 24 au 31 juillet à Montréal, Canada.
Cinq Suisses sont engagés: Flavia Rigamonti (800 m et 1’500 m libre), Carla Stampfli (50 m papillon), Flori Lang (50 m dos), Remo Lütolf (50 m brasse) et Dominik Meichtry (200 m libre).
Lors des derniers Mondiaux, à Barcelone, la délégation helvétique était forte de 22 membres.
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