Le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis dresse un bilan positif de ses rencontres en marge de la 74e Assemblée générale des Nations Unies à New York. La délégation helvète a pu y faire valoir les objectifs prioritaires de la Suisse.

"Au revoir Grosse Pomme. Encore une fructueuse réunion de l'ONU à New York", a tweeté mercredi Ignazio Cassis avant de quitter la ville américaine.

Auparavant dans une interview accordée à l'agence de presse Keystone-ATS, le conseiller fédéral tessinois a indiqué que la tension entre l'Iran et les États-Unis avait été l'un des principaux sujets du sommet de cette année.

Le président de la Confédération Ueli Maurer a rencontré le dirigeant iranien Hassan Rohani et Ignazio Cassis son homologue Mohammad Javad Zarif. La Suisse offre ses bons offices afin de désamorcer les tensions entre les nations, a souligné le chef de la diplomatie suisse.

Les mots choisis par le président américain Donald Trump dans son discours à l'Assemblée générale de l'ONU lui ont plu. "Il a très clairement indiqué qu'il ne voulait pas la guerre, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. L'Iran n'a pas non plus manifesté d'intérêt pour une escalade de la situation.

Rapprochement avec l'Erythrée

Pour la deuxième fois, Ignazio Cassis a rencontré le ministre érythréen des Affaires étrangères Osman Saleh Mohammed à New York. Les deux ministres ont convenu que les fonctionnaires des deux pays devraient discuter d'un point de vue technique des droits de l'homme, des questions migratoires et des relations économiques entre les deux pays ainsi que des projets d'aide au développement financés par la Suisse.

Mais il est encore trop tôt pour mettre sur la table un accord de réadmission avec l'Érythrée. "Les choses ne vont pas aussi vite", a souligné le Tessinois. Après de nombreuses années de défiance, nous devons maintenant trouver un moyen de nous entendre sur d'autres thèmes avant de pouvoir aussi aborder les questions les plus sensibles, a-t-il complété.

La Suisse et l'Érythrée sont en train d'instaurer un climat de confiance. Il a estimé que la rencontre d'hier avec Osman Saleh Mohammed était beaucoup plus détendue et positive que la première, a ajouté Ignazio Cassis. Le ministre des Affaires étrangères érythréen lui aurait également promis de venir en Suisse, pour une visite officielle cette fois. Cet été, il a participé une fête organisée par des compatriotes fidèles au régime dans le canton de Berne.

"Approches novatrices" pour le climat

La Suisse a également montré sa volonté d'agir contre le changement climatique à New York, a déclaré M. Cassis. L'objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre à zéro d'ici 2050. Cela signifie que la Suisse ne devra plus rejeter dans l'atmosphère davantage de gaz à effet de serre que les réservoirs naturels et artificiels ne peuvent en absorber.

Avec les Pays-Bas, la Suisse a présenté samedi l'initiative Pacta, qui a été bien accueillie. Cet instrument doit permettre aux investisseurs de mesurer l'empreinte carbone de leurs engagements financiers sur une base volontaire et anonyme et de les comparer avec les objectifs de l'Accord de Paris

Lors d'un sommet sur le développement durable organisé par le Forum économique mondial (WEF) en marge de l'Assemblée générale, M. Cassis a évoqué l'engagement du secteur privé, nécessaire pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2030. "Les approches novatrices sont essentielles à l'élaboration de solutions efficaces aux défis futurs, comme la réduction des émissions de CO, a ainsi expliqué le conseiller fédéral issu des rangs du PLR.

Un pas vers la paix en Syrie

Enfin, lors d'une conférence sur la situation en Syrie, le ministre des Affaires étrangères a souligné que la Suisse était prête à soutenir le Comité constitutionnel syrien, tout juste créé. Ignazio Cassis a déclaré à Keystone-ATS qu'il s'agissait d'un premier pas vers un processus de paix global, conformément aux instructions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le chef du DFAE s'est également déclaré préoccupé par la situation humanitaire en Syrie. 12 millions de personnes ont besoin d'aide et de protection tandis que 5,6 millions de personnes ont cherché refuge dans les pays voisins. Jusqu'à présent, la Suisse est engagée financièrement dans le pays à hauteur de quelque 420 millions de francs. Il s'agit là, selon le Tessinois, de la plus grande opération humanitaire de l'histoire de la Confédération.

Pour pouvoir répondre aux violations croissantes des droits de l'homme et du droit international humanitaire, il faut plus de diplomatie scientifique, a déclaré M. Cassis. Le "Mécanisme pour la Syrie", sis à Genève est un bon exemple, selon lui, de la manière dont la science et la diplomatie peuvent créer des synergies et être utilisées pour renforcer les droits humains.

Internationale, non partisane et indépendante, cette structure du Haut Commissariat aux réfugiés rassemble et met en sécurité toutes sortes de données numériques depuis 2017, notamment des preuves de violations des droits de l'homme en Syrie.

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