La police et des manifestants pro-démocratie se sont brièvement affrontés samedi à Hong Kong, alors qu'appels à manifestations et à la grève se multiplient sur internet avant deux anniversaires-clés. De nombreux manifestants ont été interpellés.

La police a eu recours au gaz lacrymogène et aux canons à eau contre des groupuscules radicaux qui ont érigé des barricades et jeté des pierres et des cocktails Molotov, dans la ville de Tuen Mun, située dans le nord-ouest de Hong Kong. Les affrontements ont toutefois été moins intenses que les précédents week-ends.

Le territoire semi-autonome traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et des manifestations quasi-quotidiennes pour demander des réformes démocratiques ou dénoncer une riposte policière jugée brutale par les contestataires.

Scénario classique

La journée avait débuté par un rassemblement pacifique à Tuen Mun, située non loin de la Chine continentale, avant de dégénérer, selon un scénario désormais classique. Une poignée de militants radicaux ont arraché un drapeau chinois, qui flottait devant un bureau du gouvernement local, avant de le brûler. La police s'est alors aussitôt rendue dans un parc de la ville où des manifestants étaient rassemblés afin de procéder à une série d'interpellations.

Des centaines de contestataires ont dressé des barricades et démantelé des barrières de sécurité. Ils ont également jeté des objets sur les voies ferrées avoisinantes. Les affrontements entre la police et les manifestants ont tourné court dès que la police a tiré du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

Samedi en début de soirée, des manifestants continuaient cependant à jouer au jeu du chat et de la souris dans les rues.

Commission d'enquête exigée

Des projets de manifestations ou de grèves pour les semaines à venir pullulent en ligne à l'approche du 28 septembre, anniversaire du début du "Mouvement des parapluies" de 2014 et du 1er octobre qui marque le 70e anniversaire de la fondation de la République de la Chine.

Amnesty International a accusé vendredi la police hongkongaise d'un recours excessif à la force contre les manifestants pro-démocratie, dénonçant des "tactiques insensées et illégales" et allant jusqu'à parler de cas de "torture".

L'association demande la création d'une commission d'enquête indépendante sur le comportement de la police, ce qui est aussi une demande-clé des manifestants. L'exécutif hongkongais s'y est cependant toujours refusé. De son côté, la police hongkongaise a balayé les conclusions d'Amnesty, rejetant les accusations selon lesquelles elle ferait un usage excessif de la force.

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