Toute l'actu en bref

Ban Ki-moon a fait un appel du pied à Donald Trump depuis le Maroc

KEYSTONE/EPA/MOHAMED MESSARA

(sda-ats)

Ban Ki-moon a exprimé son "espoir" que Donald Trump "comprenne l'urgence" de l'action contre le réchauffement. Le secrétaire général de l'ONU s'exprimait mardi à la conférence de Marrakech (COP22) où sont attendus des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement.

"Notre espoir est que le président nouvellement élu aux Etats-Unis, M. Trump, entende et comprenne le sérieux et l'urgence de l'action climatique", a déclaré mardi à la presse Ban Ki-moon, "convaincu" que le futur président américain "prendra une décision sage".

"Je pense qu'en tant qu'homme d'affaires avisé, il comprend que les forces du marché sont déjà à l'oeuvre dans ce dossier", a encore souligné M. Ban.

Le responsable de l'ONU a aussi appelé les autres pays à ratifier l'accord de Paris, et l'ensemble des Etats à accroître leurs ambitions en matière de réduction des gaz à effet de serre. Il a enfin appelé à l'élimination des subventions aux énergies fossiles.

Etaient attendus mardi au Maroc une cinquantaine de dirigeants, chefs d'Etat et de gouvernement, dont le roi du Maroc Mohammed VI, François Hollande, la présidente chilienne Michelle Bachelet ou l'émir du Koweit, et de nombreux leaders africains.

Accord "irréversible" pour Hollande

Pour le président français, "les Etats-Unis, première puissance économique du monde, 2e émetteur de gaz à effet de serre, doivent respecter les engagements qui ont été pris". Lors de son intervention à la tribune, il a été applaudi. La France, a-t-il dit, "mènera ce dialogue avec les Etats-Unis et leur nouveau président, dans l'ouverture, dans le respect mais avec exigence et détermination" et "au nom" de la centaine d'Etats qui ont déjà ratifié l'accord de Paris.

Cet accord est "irréversible en droit et en fait" mais aussi "dans les consciences", a encore soutenu François Hollande. "L'inaction serait désastreuse pour le monde, désespérante pour les générations futures et dangereuse pour la paix", a-t-il fait valoir.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry prononcera mercredi un "discours soulignant l'urgence de l'action climatique", selon le négociateur des Etats-Unis Jonathan Pershing. Il est "peut-être encore plus important" d'être à Marrakech maintenant, avait déclaré le chef de la diplomatie américaine après l'élection de Donald Trump, qui sera à la tête du second pays le plus pollueur au monde.

Sans la Russie

Le magnat new-yorkais, qui pendant sa campagne avait qualifié le réchauffement de "canular" et de complot chinois, puis promis d'"annuler" l'accord de Paris et de relancer la production américaine de charbon, n'a encore rien dit sur ce thème depuis son élection.

Son élection surprise a plongé dans la stupeur les participants de la COP22, qui attendent de voir ce que le républicain compte faire. A ce stade, 109 Etats, dont les Etats-Unis, l'UE, l'Inde, le Japon, ont ratifié l'accord qui a vu la communauté internationale s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Une dizaine l'ont fait depuis l'élection de Donald Trump, dont l'Australie.

Parmi les grands émetteurs, la Russie manque encore à l'appel.

Responsabilité partagée

Lundi, à la COP22, le négociateur chinois Xie Zhenhua, a de nouveau rappelé l'engagement de son pays: "Répondre au défi du changement climatique est notre responsabilité commune et partagée". Premier émetteur mondial, la Chine a, en lien avec les Etats-Unis de Barack Obama, largement contribué à permettre l'accord de Paris, et est aujourd'hui le premier investisseur dans les énergies renouvelables.

sda-ats

 Toute l'actu en bref