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La collection de Cornelius Gurlitt, fils d'un marchand d'art sous le troisième Reich, recense au moins cinq oeuvres volées par les nazis. Cette recherche sur l'origine des oeuvres d'art est encouragée par la Confédération (archives).

Keystone/APA/ORF

(sda-ats)

La Confédération a multiplié ses efforts d'information sur le thème de l'art spolié par les nazis. Entre 2016 et 2020, elle devra veiller à la publication sur Internet des archives des privés et des résultats des recherches effectuées dans les musées ou collections.

Renforcer la transparence dans ce domaine revient à promouvoir une manière responsable d'aborder l'histoire, souligne un rapport publié mercredi par l'Office fédéral de la culture (OFC). Les archives de musées, d'établissements de vente aux enchères, de successions de marchands d'art ou de collectionneurs fournissent, comme les archives publiques, des éléments essentiels aux groupes de travail.

Les recherches sont encore lacunaires pour les musées et les collections appartenant aux cantons, communes ou particuliers. Ils doivent donc être amenés à examiner systématiquement si un transfert d'oeuvres a eu lieu entre 1933 et 1945 et s'il a pu avoir un caractère confiscatoire. L'art volé atteint les fonds d'institutions par le biais d'achats, donations, legs ou prêts, rappelle l'office.

Entre 2011 et 2016, la Confédération a renforcé ses activités de conseils, créé un portail consacré à l'art spolié à l'époque du national-socialisme et mis sur pied un colloque international d'échange et d'information sur le sujet, salue le rapport. Musées et collections de tiers peuvent aussi, depuis 2016, obtenir des aides financières pour les recherches de provenance.

Le cas Gurlitt

La Suisse a pris une part active, avec 43 autres Etats, à l'application des "Washington Conference Principles on Nazi-Confiscated Art" de 1998 (Principes de Washington). Ces principes visent notamment à trouver des solutions justes et équitables pour les oeuvres d'art confisquées par les nazis. Ils ne sont pas contraignants, mais appellent les Etats à prendre des mesures.

En cas d'indices que l'oeuvre relève de l'art spolié à l'époque du national-socialisme après l'examen de la provenance, il convient d'identifier les premiers ayants droit ou leurs héritiers.

Le rapport salue notamment le rôle de la Confédération dans le cas Gurlitt. L'Allemand Cornelius Gurlitt, fils d'un marchand d'art controversé sous le IIIe Reich, a légué au Musée des Beaux-Arts de Berne sa collection soupçonnée d'être issue de pillages perpétrés sous le régime nazi. Elle comprend plus de 1500 tableaux découverts en 2012 dans l'appartement du défunt à Munich.

Le Musée des Beaux-arts de Berne a signé une convention avec les autorités allemandes. Celles-ci gardent et se chargent à leurs frais de restituer les oeuvres volées ou vendues sous la contrainte par les nazis à d'éventuels ayants droit. Des représentants de la Confédération avaient accompagné les discussions et soutenu cette solution juste et respectueuse des principes internationaux.

Aide de près d'un million

D'ici à 2020, la Confédération veut accorder davantage de moyens aux musées et collections pour qu'ils intensifient les recherches de provenance. L'OFC dépensera en 2016 et 2017 plus de 900'000 francs à cet effet. La somme va être partagée entre dix musées, dont celui des Beaux-Arts à Lausanne, pour les aider à faire la lumière sur la provenance de leurs œuvres.

Deux autres projets sont financés au Musée des Beaux-Arts de Berne, de même qu'au Kunsthaus de Zurich. Dans la liste, on retrouve aussi la Fondation Beyeler et le Kunstmuseum, à Bâle. Le régime d'encouragement prévoit d'allouer un autre million de francs entre 2018 et 2020. Une mise au concours devrait intervenir d'ici là.

Le premier rapport de l'OFC, publié en 2011, indiquait que la Suisse, bonne élève en comparaison internationale, devait poursuivre ses efforts de transparence dans ses travaux sur l'art spolié, en intensifiant les recherches de provenance. La plupart des musées non gérés par la Confédération n'avaient alors pas ou seulement partiellement examiné la provenance de leurs fonds.

sda-ats

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