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Environ cent parents de détenus ont été pris comme otages lors d'affrontements survenus dans l'après-midi dans une prison de l'Etat de Roraima, dans le nord du Brésil (image symbolique).

KEYSTONE/AP/FELIPE DANA

(sda-ats)

Des détenus décapités, d'autres brûlés vifs : de violents affrontements entre les deux plus grandes factions du crime organisé au Brésil ont fait 18 morts dimanche et lundi dans deux prisons de la région amazonienne. Le conflit risque de s'étendre.

Lundi, huit détenus sont morts carbonisés et deux autres ont été grièvement blessés dans une prison de l'Etat de Rondonia, frontalier avec la Bolivie. Ces violences sont survenues au lendemain d'autres affrontements dans un pénitencier de l'Etat du Roraima, limitrophe avec le Venezuela, qui a fait 10 morts, selon un bilan revu à la baisse. La police avait fait état de 25 morts dans un premier temps.

"Lundi, des détenus ont enfermé leurs rivaux dans leur cellule et y ont mis le feu. On soupçonne une dispute entre factions", a indiqué un responsable policier de Porto Velho (capitale du Rondonia), ajoutant que 40 détenus avaient été transférés dans une autre prison.

Dimanche, dans le pénitencier agricole de Monte Cristo à Boa Vista, les heurts sont intervenus lorsque des prisonniers d'un pavillon ont envahi une autre aile de cette prison.

Décapitations

"Sept corps ont retrouvés carbonisés et trois autres décapités. Six détenus ont été légèrement blessés et soignés", a déclaré l'attachée de presse du gouvernement du Roraima, Jessica Laurie.

"Les détenus étaient armés de pierres et de morceaux de bois arrachés des murs. C'est avec ces morceaux de bois qu'ils ont décapité leurs rivaux, quelque chose de très brutal", a-t-elle ajouté.

Les conflits dans les deux prisons sont liés: "La faction du crime organisé PCC (Premier commando de la capitale) a donné l'ordre de tuer les membres de la faction rivale CV (Commando Vermelho) dans toutes les prisons du pays". "Avant, ces deux factions agissaient ensemble dans le contrôle des armes et de la drogue, mais elles ont rompu leur alliance de plus de vingt ans", a-t-elle précisé.

Les services de renseignements de Rio de Janeiro étaient en état d'alerte depuis vendredi en raison de la rupture de cette alliance. Près d'une centaine de criminels du PCC et du CV ont commencé à être transférés à Rio.

Mutineries fréquentes

Les mutineries et les violences sont très fréquentes dans le système pénitentiaire du Brésil surpeuplé. La prison de Monte Cristo, par exemple, a une capacité de 700 détenus et en abrite le double.

Des organisations de défense des droits de l'homme alertent régulièrement les autorités sur les conditions de détention déplorables qui prévalent souvent dans les établissements brésiliens.

sda-ats

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