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Le monde du luxe doit d'adapter à un nouvel environnement, en misant par exemple davantage sur l'ancrage local des boutiques, estime le patron de Cartier Cyrille Vigneron (archives).

KEYSTONE/STEFFEN SCHMIDT

(sda-ats)

La marque d'horlogerie-joaillerie Cartier, entité du groupe de luxe genevois Richemont, cherche à se recentrer sur son coeur de métier, indique son patron. Selon lui, la progression du prix des montres a été excessive pour l'ensemble de la branche horlogère.

"Ces dernières années, Cartier a voulu être fort partout: à la fois dans l'horlogerie féminine et masculine, par exemple, ou en termes de positionnement technique", constate le directeur général de Cartier Cyrille Vigneron, dans une interview parue lundi dans Le Temps.

Entré en fonction en janvier en remplacement de Stanislas de Quercize, le natif de La Rochelle juge qu'à vouloir être sur tous les fronts, "on finit par être confus. Il faut redéfinir et clarifier la ligne directrice de Cartier."

Nouvel environnement

Remarquant que l'horlogerie est restée sur un rythme lent avec des collections qui durent longtemps face à des clients qui vivent désormais dans le temps "ultrarapide" du digital, Cyrille Vigneron ne pense pas pour autant plonger dans la montre connectée.

"Faire des montres digitales, c'est aller vers une accélération du temps qui n'est ni celui de la haute horlogerie ni celui de la joaillerie. C'est faire des montres qui portent en elles une forme d'obsolescence. A mon sens, ceux qui vont dans cette direction se trompent", analyse-t-il.

Il rajoute que "l'horlogerie suisse doit comprendre que le centre du monde n'est pas ici et qu'à l'heure du numérique, il est partout", la demande étant complètement dépendante de ce qui se passe dans d'autres parties du monde.

Le directeur général de Cartier relève cependant que le monde du luxe doit s'adapter à un nouvel environnement, en misant par exemple davantage sur l'ancrage local des boutiques.

Pas d'autres licenciements

Par ailleurs, le patron de Cartier parle d'un nécessaire "rappel à la réalité" après une montée des prix trop rapide pour la marque comme pour l'ensemble du secteur, dictée par "des attentes toujours plus fortes sur des pièces toujours plus chères et plus compliquées".

Il appelle à "un état des lieux" qui doit permettre aux marques horlogères de "se demander quel est le juste prix de chacune de leurs collections".

A la question de savoir si d'autres annonces touchant l'emploi sont prévues après la quarantaine de licenciements communiqués mi-mai (sur environ une centaine au total dans le groupe Richemont), Cyrille Vigneron se veut rassurant: "la restructuration est terminée." Il a réaffirmé l'ancrage et la présence du groupe Richemont dans la région de La Chaux-de-Fonds.

sda-ats

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