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Boris Johnson (au premier plan) s'est entretenu de la Syrie avec John Kerry (à droite) dimanche à Londres

KEYSTONE/EPA FCO/PATRICK TSUI / HANDOUT

(sda-ats)

La diplomatie s'est activée ce week-end à Lausanne puis à Londres, mais sans portée immédiate sur la guerre en Syrie. Alors que la situation à Alep s'enlise, la ville symbolique de Dabiq, proche de la Turquie, a été reprise par les rebelles au groupe Etat islamique.

"Des idées nouvelles", a lâché samedi soir le secrétaire d'Etat américain John Kerry à sa sortie de l'hôtel Beau-Rivage à Lausanne, après quatre heures de discussions avec son homologue russe Sergueï Lavrov, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura et des représentants iranien, turc, saoudien, qatari, irakien, égyptien et jordanien.

Aucun plan pour rétablir la trêve qui a échoué en septembre n'a toutefois été élaboré sur les bords du Léman. "Plusieurs idées sont à creuser" prochainement pour tenter d'aboutir à un nouveau cessez-le-feu plus solide que les précédents, a indiqué John Kerry.

Dans la foulée, lors d'une réunion dimanche à Londres avec notamment ses homologues britanniques Boris Johnson et français Jean-Marc Ayrault, il a précisé que Washington "envisageait des sanctions supplémentaires. Le président Barack Obama n'a exclu aucune option".

M. Kerry a cependant minimisé la possibilité d'une action militaire, ajoutant qu'il était de son devoir d'épuiser toutes les solutions diplomatiques. Malgré tout, il a pointé du doigt les "crimes contre l'humanité" perpétrés contre des civils à Alep. De son côté, Boris Johnson a appelé la Russie à faire preuve de pitié dans ce conflit.

Syrie indivisible

La Russie estime pour sa part que tous les participants à la table ronde de Lausanne ont confirmé leur attachement à la préservation d'une Syrie indivisible, indépendante et laïque, et seuls les Syriens devront décider de leur avenir via un dialogue inclusif.

Moscou ajoute que pour qu'une trêve puisse fonctionner, il est indispensable que les groupes de l'opposition modérée se séparent des islamistes du Front Fatah al Cham (ex-Front al Nosra) et des autres "groupes terroristes". Le Kremlin a confirmé par ailleurs que les opérations contre l'EI et le Front al Nosra se poursuivront.

La ville-symbole de Dabiq tombe

Sur le terrain, des rebelles soutenus par la Turquie ont infligé dimanche une nouvelle défaite à l'EI en s'emparant de la ville de Dabiq, dans le nord-ouest du pays, près de la frontière turque. Un revers qui a une forte portée symbolique pour les djihadistes car selon une prophétie de l'Islam, menacée par les infidèles, l'armée des musulmans est décimée mais finit par triompher à... Dabiq.

Située au pied d'une colline, la ville se trouve à 14 km de la Turquie et à environ 30 km au nord d'Alep. L'EI présentait surtout Dabiq comme le site de l'ultime bataille avant l'apocalypse.

"Le mythe brandi par l'EI de la grande bataille de Dabiq est terminé", a déclaré dimanche Ahmed Osman, qui dirige le groupe rebelle Sultan Mourad affilié à l'Armée syrienne libre. Les rebelles et l'armée turque s'employaient dans la journée à sécuriser les lieux et à empêcher toute fuite des derniers combattants djihadistes.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué que les rebelles avaient aussi fait main basse sur Soran, une localité mitoyenne de Dabiq. Un des groupes rebelles, l'Union Fastaqim, a confirmé sur Twitter que la ville était tombée "après de violents combats". Selon l'agence de presse officielle turque Anadolu, neuf rebelles ont été tués et 28 blessés dans les combats de samedi.

Alep toujours sous les bombes

Malgré cette défaite de l'EI, la guerre continue entre les troupes du régime du président Bachar al Assad et ses alliés et les insurgés à Alep. Les quartiers rebelles ont à nouveau été visés dimanche par d'importants raids aériens, selon un correspondant de l'AFP.

L'OSDH a aussi fait état de frappes sur les quartiers d'Al-Sukkari, de Hanano et de Bustan al-Qasr ainsi que des tirs de roquettes des rebelles sur les zones tenues par le régime de Damas.

sda-ats

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