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Un peu après 18h30 locale lundi (00h30 mardi en Suisse) quelques milliers de personnes ont assisté à une veillée par un froid glacial, avec des bougies, des fleurs et des messages de condoléances en face de la mosquée Sainte-Foy.

KEYSTONE/AP The Canadian Press/RYAN REMIORZ

(sda-ats)

Un jeune étudiant canadien aux idées nationalistes est soupçonné d'être l'auteur de l'une des pires attaques contre la communauté musulmane jamais perpétrée dans un pays occidental. Il a abattu dimanche par balle six fidèles dans une mosquée de Québec.

L'homme âgé de 27 ans est étudiant en science politique à l'université Laval voisine de la mosquée. Il avait été interpellé peu après le drame qui a également fait huit blessés, dont cinq dans un état grave.

Vêtu d'une combinaison blanche, le jeune homme est sorti menotté d'une voiture de police avant d'être présenté à un juge lundi soir. "Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a porté 11 chefs d'accusation" à son encontre, a déclaré Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP.

Les 11 chefs d'inculpation correspondent aux "meurtres avec préméditation" des six fidèles abattus pendant la prière et aux "tentatives de meurtres avec arme à feu" pour les cinq blessés grave lors de la fusillade.

Avec 80 policiers sur place, l'enquête se poursuit afin de rassembler des éléments pouvant mener dans les prochains jours à une inculpation pour "terrorisme" et atteinte à la sécurité nationale, a précisé la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale).

Mobile inconnu

Près de 24 heures après la tragédie, beaucoup de questions restaient en suspens, principalement concernant les raisons qui ont poussé ce jeune homme à tirer sur des fidèles dans un lieu de culte situé à moins d'un kilomètre de son domicile dans le quartier Sainte-Foy à Québec.

Ses idées nationalistes et le partage sur ses réseaux sociaux, fermés depuis, des propos du président américain Donald Trump donnent un premier éclairage sur un geste condamné unanimement dans le monde.

"C'est avec douleur et colère que nous apprenons l'identité du terroriste, malheureusement connu de plusieurs militants à Québec pour ses prises de positions identitaires, pro-Le Pen et anti-féministes à l'université Laval et sur les réseaux sociaux", a dénoncé sur Facebook le collectif Bienvenue aux réfugiés - Ville de Québec.

Si la police avait d'abord fait état de deux suspects, la progression de l'enquête a permis de blanchir un autre étudiant d'origine marocaine interpellé alors qu'il sortait de la mosquée juste après la fusillade.

La communauté musulmane de Québec est effondrée. "C'est terrible pour la communauté, c'est terrible pour le Québec, c'est terrible pour le vivre ensemble", a confié à l'AFP Mohamed Ali Saïdane, venu lundi participer à un rassemblement des élus et des représentants des associations de musulmans à l'Hôtel de ville.

Les six personnes tuées étaient toutes des Canadiens binationaux, a indiqué Mohamed Labidi, vice-président du Centre culturel islamique de Québec. Un Marocain, deux Algériens, un Tunisien et deux Guinéens ont perdu la vie, a-t-on appris de sources officielles. Ils étaient âgés de 39 à 60 ans, a annoncé le médecin légiste.

L'homme a fait irruption dans l'enceinte du centre culturel islamique de Québec aux environs de 19h30 dimanche (01h30 lundi matin heure suisse), à la fin de la dernière prière de la journée, avant de faire feu. Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées dans la mosquée.

Veillée

Ce drame vient jeter une ombre sur l'image d'un Canada inclusif qui a accueilli quelque 40'000 réfugiés syriens en un peu plus d'un an. Sur les 36 millions d'habitants au Canada, environ 1,1 million sont de confession musulmane.

"Nous n'allons pas répondre à la violence par la violence. Face à la peur et à la haine, nous répondrons par l'amour et la compassion", a déclaré lundi le Premier ministre Justin Trudeau devant la Chambre des députés.

Un peu après 18h30 locale (23h30 GMT), le chef de gouvernement et son épouse Sophie Grégoire ont assisté à une veillée en face de la mosquée Sainte-Foy, entourés de plusieurs responsables politiques et de représentants de toutes les confessions.

Cette veillée a rassemblé quelques milliers de personnes par un froid glacial, avec des bougies, des fleurs et des messages de condoléances. D'autres veillées étaient organisées dans plusieurs villes canadiennes comme à Montréal et Toronto. A Paris, la Tour Eiffel s'est éteinte à minuit en mémoire des victimes.

ATS