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L'immigration illégale est au coeur de la campagne présidentielle américaine. Donald Trump promet de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et d'expulser un grand nombre d'immigrés illégaux. Ici, des artistes de rues mexicains montrent leur rejet du candidat républicain.

KEYSTONE/AP/CHRISTIAN PALMA

(sda-ats)

Donald Trump a encore accusé sa rivale démocrate Hillary Clinton de laxisme sur la question controversée des immigrants illégaux. Selon lui, si elle devenait présidente, elle n'appliquerait pas les lois sur l'immigration et "mettrait le pays en danger".

L'homme d'affaires parlait à Houston, au Texas (sud), devant un groupe qui affirme avoir eu des amis et membres de leurs familles tués par des immigrants illégaux. Un grand nombre portait un T-shirt avec l'inscription: "Une vie volée".

Cette question est au coeur de la campagne de Trump depuis l'été dernier quand il avait dit que de nombreux immigrants mexicains étaient des trafiquants de drogue et des violeurs.

Adoptant un ton inhabituellement contenu, le candidat républicain à la Maison Blanche a affirmé que Mme Clinton recourant à son autorité présidentielle "décréterait une amnistie (des immigrés illégaux), violant notre constitution et mettant la nation entière en péril".

Fausses affirmations

Hillary Clinton propose un assouplissement de l'application des lois sur l'immigration, promettant d'expulser seulement les criminels violents et les terroristes. Donald Trump promet au contraire de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et d'expulser un grand nombre d'immigrés illégaux.

Mais ses affirmations selon lesquelles les immigrés sont, en grand nombre, responsables des meurtres et viols aux Etats-Unis sont réfutées par les statistiques officielles et des études. Malgré cela M. Trump a encore affirmé samedi que des Américains sont tués quasi quotidiennement par des immigrés illégaux. "Chaque jour notre frontière reste ouverte et des Américains innocents sont agressés et tués", a-t-il dit.

Samedi, Hillary Clinton était assistée dans sa campagne par son ex-opposant démocrate Bernie Sanders, et par la populaire démocrate Elizabeth Warren. Tous deux devaient faire campagne pour Mme Clinton dans l'Ohio, Etat crucial où l'ancienne secrétaire d'Etat est en difficulté face à son adversaire républicain.

Trump "irrécupérable"

Vendredi dans une tribune postée sur le site du Wall Street Journal, l'ancien secrétaire à la Défense Robert Gates, un républicain, a critiqué les deux candidats à la présidentielle américaine. Il s'est toutefois montré beaucoup plus sévère à l'encontre de Donald Trump.

M. Gates, qui a dirigé le Pentagone sous l'administration des présidents George W. Bush et Barack Obama, est un des experts américains les plus respectés sur les questions de sécurité nationale. Il a travaillé avec huit présidents au long de sa carrière et a collaboré étroitement avec Hillary Clinton quand celle-ci était secrétaire d'Etat.

Au niveau de la crédibilité "Trump est dans une catégorie qui lui est propre", souligne-t-il dans son texte. "Je pense que M. Trump est irrécupérable", a-t-il ajouté. Il "est obstinément ignorant" sur le monde, les questions militaires américaines et "sur le gouvernement même". Il s'est montré "désinvolte sur le recours aux armes nucléaires" et a insulté des soldats américains, leurs familles et les chefs militaires.

Il a "un tempérament inapproprié pour commander les hommes et les femmes en uniforme. Il n'est pas qualifié et est inapte pour être le commandant en chef", a poursuivi M. Gates, qui ne votera pas pour lui.

Clinton trop vague

Toutefois, Robert Gates a aussi durement critiqué Hillary Clinton, notamment son opposition à l'accord commercial transpacifique. Texte qu'elle avait pourtant soutenu initialement.

M. Gates estime aussi que Mme Clinton est trop vague sur ses intentions quant à Vladimir Poutine. Elle n'a fait que peu de propositions sur le problème que représente la Corée du Nord et n'a pas présenté de stratégie très claire sur le Proche-Orient "qui est en feu".

Enfin Robert Gates, qui a aussi dirigé le CIA, reproche à Mme Clinton son échec à prédire la situation chaotique qui a suivi l'intervention occidentale en Libye ou encore son changement de position sur la guerre en Irak.

En attente

Pour lui, tout cela suscite des questions sur la crédibilité de la candidate démocrate à la Maison Blanche. Robert Gates attend donc de voir ce que Mme Clinton proposera d'ici l'élection du 8 novembre avant de décider s'il votera pour elle.

La moyenne des sondages ces derniers jours ne donne plus que 1,5 point d'avance à Mme Clinton (45,7% contre 44,2% à M. Trump), une chute de quatre points en deux semaines.

sda-ats

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