Israël/Palestine: une conférence pour le symbole à Paris


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Ni le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) ni le président palestinien Mahmoud Abbas (à gauche) seront présents à la conférence de Paris sur le Proche-Orient (archives).

Keystone/EPA GOVERNMENT PRESS OFFICE/BEN GERSHOM / HANDOUT

(sda-ats)

Paris accueille dimanche une réunion très symbolique sur le conflit israélo-palestinien. Le contexte est rendu explosif par le projet annoncé par la future administration américaine de transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.

Plus de 70 pays, dont la Suisse, et organisations internationales (ONU, Ligue arabe, Quartette, etc), prendront part à cette Conférence ministérielle de Paris sur la paix au Proche-Orient, mais pas les parties concernées. Ils doivent réaffirmer solennellement que la solution des deux Etats, israélien et palestinien, est la seule voie possible pour régler un des plus vieux conflits du monde.

Clouée au pilori par Israël, qui dénonce une "imposture", la conférence s'inscrit dans le cadre d'une initiative française lancée il y a un an pour remobiliser la communauté internationale et inciter Israéliens et Palestiniens à reprendre des négociations interrompues depuis deux ans.

Cette réunion vaut surtout pour le symbole. La perspective de deux Etats s'évapore en effet, compte tenu de la situation sur le terrain marquée par la poursuite de la colonisation israélienne, les attaques et attentats palestiniens, la radicalisation des discours et la montée des frustrations.

Crainte de l'imprévisibilité de Trump

Et c'est aussi une façon de faire date, à cinq jours de l'arrivée à la Maison Blanche du futur président américain Donald Trump, dont l'imprévisibilité angoisse nombre d'acteurs du dossier. Si Washington a toujours été un allié historique indéfectible d'Israël, M. Trump s'est distingué par des prises de position très pro-israéliennes, particulièrement sur la question de Jérusalem.

Il a promis pendant sa campagne de reconnaître cette ville comme la capitale d'Israël et d'y installer l'ambassade américaine, actuellement à Tel-Aviv. Une ligne rouge pour les Palestiniens, qui menacent en retour de revenir sur leur reconnaissance d'Israël.

Le transfert de l'ambassade "non seulement priverait les Etats-Unis de toute légitimité à jouer un rôle dans la résolution du conflit, mais elle réduirait à néant la solution des deux Etats", a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas au quotidien français Le Figaro samedi.

Une telle mesure romprait avec la politique historique des Etats-Unis. Elle irait à l'encontre de la position de l'ONU, pour qui le statut de Jérusalem, également revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur Etat, doit se régler par la négociation.

Simple "mise en scène"?

La conférence de Paris devrait donc répéter son engagement en faveur d'une solution négociée. Elle rappellera dans son communiqué final les textes internationaux de référence sur le conflit, particulièrement ceux de l'ONU - sans toutefois s'avancer dans le détail ou fixer des paramètres de résolution du conflit trop précis.

Plusieurs sources diplomatiques ont ainsi exclu que les conclusions de Paris soient ensuite gravées dans le marbre d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, comme s'en est inquiété Israël.

Cette conférence "n'aura aucune conséquence", estime Nathan Trall, spécialiste de la région au sein de l'ONG International Crisis Group. "S'il n'y a pas de conséquences, si l'on répète encore et encore les mêmes choses, ce n'est rien de plus qu'une mise en scène", déplore-t-il.

ATS

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