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"L'Etat endosse de plus en plus le risque", selon Oswald Grübel, ex-patron de Credit Suisse et d'UBS (archives).

KEYSTONE/ANTHONY ANEX

(sda-ats)

L'ex-patron d'UBS et de Credit Suisse, Oswald Grübel, critique le pouvoir grandissant des banques centrales. Elles possèdent une "arme de destruction massive" grâce aux intérêts négatifs et aux bilans gonflés.

Après la crise financière, la politique a pris le pouvoir. "Elle a corseté les banques dans un ensemble de régulations", a dit Oswald Grübel dans une interview avec le SonntagsBlick. Avant, le risque était réparti sur des milliers de banques. Le risque reposait sur les actionnaires; aujourd'hui l'Etat l'endosse de plus en plus souvent.

Les surveillants ont renforcé les réglementations pour les banques au niveau mondial après l'éclatement de la crise en 2008. Plusieurs grands établissements ont été sauvés grâce à l'argent de l'Etat, notamment l'UBS en Suisse. Les gouvernements craignaient qu'une faillite d'une grande banque "too big to fail" nuise à la population.

Courte récession favorisée

M. Grübel cite le bilan la Banque nationale suisse (BNS) comme exemple de risque pour l'Etat. Il s'élève à plus de 600 milliards de francs, soit 75'000 francs par habitant.

Il aurait préféré "laisser le pays traverser une brève récession, plutôt que de mettre en danger la prospérité et l'avenir". M. Grübel s'attend à ce que la politique monétaire actuelle se termine par un crash, si les banques centrales perdent leur crédibilité. Ce qui peut durer dix ans ou plus.

L'ex-patron d'UBS et de CS critique également les banques commerciales. "Sans bénéfices, il ne peut pas y avoir de bonus", a-t-il souligné. Mais il y a des managers qui reçoivent dix millions de francs, alors que l'entreprise enregistre des pertes.

sda-ats

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