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Ernst Thomke ne craint pas l'émergence d'une nouvelle crise horlogère (archives).

KEYSTONE/MICHELE LIMINA

(sda-ats)

L'horlogerie suisse a commis l'erreur de considérer la montre intelligente comme un simple gadget, estime Ernst Thomke, l'un des pères de la Swatch au début des années 1980. L'industriel ne craint toutefois pas l'émergence d'une crise comme il y a 40 ans.

Le secteur horloger s'est endormi ou n'a pas vu venir la tendance constituée par la montre connectée (smartwatch). "A l'exception de TAG Heuer, la marque chaux-de-fonnière (ndlr, groupe LVMH) proposant un produit intéressant", relève Ernst Thomke dans une interview parue dimanche dans l'hebdomadaire alémanique Schweiz am Sonntag.

Migration vers le poignet

"La smartwatch n'a pas été un succès dans un premier temps, mais aujourd'hui c'en est déjà un", précise celui qui a été directeur général du groupe SMH (aujourd'hui Swatch Group) entre 1984 et 1991. "La prévision de vente que j'avais formulée il y a cinq ans est désormais largement dépassée."

"Les principales fonctions que nous utilisons des dizaines de fois par jour sont accomplies plus rapidement et plus simplement au poignet", estime Ernst Thomke, âgé aujourd'hui de 77 ans. C'est pourquoi il considère que certaines fonctions vont migrer vers le poignet.

Pas de nouvelle crise

Avec son refus d'entrer sur le marché de la montre dite intelligente, l'horlogerie suisse voit certes sa base industrielle et sa position de leader dans le domaine électronique s'affaiblir. Malgré ce constat, l'ancien dirigeant ne craint pas l'apparition d'une crise sectorielle comme dans les années 1970.

"Dans le segment du luxe, la Suisse dispose d'une extraordinaire position forte et elle va la conserver", prédit Ernst Thomke dans les colonnes de Schweiz am Sonntag. "Ici, les grandes marques ont forgé une position que l'on peut presque décrire comme un monopole", ajoute-t-il.

Le marketing et le réseau mondial formé par de propres points de vente constituent un obstacle difficile à franchir pour la concurrence, note encore celui qui a conduit des entreprises comme Saurer ou Metalor au cours de sa carrière.

sda-ats

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