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Staffan de Mistura n'est pour le moment pas satisfait de la proposition russe.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

L'ONU veut des "améliorations" dans la proposition russe de corridors humanitaires à Alep. L'émissaire Staffan de Mistura a suggéré vendredi à Genève que les Nations Unies s'occupent elles-mêmes de la mise en oeuvre.

"Nous sommes en principe et en pratique favorables à des couloirs humanitaires en fonction de circonstances adaptées qui permettent la protection de civils", a-t-il dit devant la presse. Mais "il y a un besoin urgent d'amélioration".

M. de Mistura suggère à Moscou de "nous laisser" la mise en oeuvre de tels couloirs. "L'ONU et les partenaires humanitaires savent ce qu'il faut faire" et ils sont sur place pour aider les civils, affirme-t-il.

L'ONU souhaite aussi toujours qu'une pause humanitaire de 48 heures soit mise en place de manière durable, indépendamment de ces corridors. "Comment pouvez-vous attendre des milliers de personnes de vouloir marcher dans un couloir pendant qu'il y a des bombardements et des tirs lourds ?", se demande-t-il. La même question se pose sur l'accès de convois humanitaires dans de telles conditions.

CICR pas favorable

Les civils ne doivent pas être forcés à partir d'Alep. S'ils le souhaitent, ils doivent pouvoir se déplacer vers la zone de leur choix. Des garanties de protection doivent être données. La manière de gérer cette initiative russe aura assurément un "impact" sur les chances de succès de "tout le reste", estime l'émissaire de l'ONU.

Outre les civils, Moscou a indiqué vouloir ouvrir ces corridors aux "combattants souhaitant déposer les armes". Interrogé sur cette éventuelle instrumentalisation militaire, M. de Mistura a dit vouloir attendre "d'autres clarifications" des Russes. "J'ai cru comprendre qu'ils étaient ouverts à des suggestions", s'est-il contenté de dire.

Auparavant, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait déjà appelé à ne pas contraindre les civils à quitter la partie Est d'Alep et les protéger s'ils décident de se déplacer dans ces couloirs. Ils doivent pouvoir accéder à des abris et à une assistance adaptés et les familles ne doivent pas être séparées.

Le directeur du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient Robert Mardini avait surtout exigé devant la presse que ces couloirs soient acceptés par toutes les parties au conflit pour éviter notamment des conséquences pour les civils. Mais le CICR n'est habituellement pas très favorable à ce type de corridors, a-t-il dit.

Le CCIR veut également une pause humanitaire quotidienne pour atteindre les plus vulnérables, dont les personnes âgées, les malades, les détenus et les blessés.

sda-ats

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