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Le thème du rail versus la route a été vivement débattu avec l'ouverture du tunnel de base du Gothard (archives).

KEYSTONE/ALEXANDRA WEY

(sda-ats)

La question des transports a fait son entrée en 2016 parmi les dix soucis majeurs des Suisses. Quarante ans après le premier baromètre des préoccupations établi par Credit Suisse, le chômage occupe toujours la première place, devant les étrangers.

Suivent la prévoyance vieillesse et les réfugiés. Et cette année, le débat sur le rail versus la route a vivement refait surface à l'occasion de l'ouverture du tunnel de base du Gothard, relève l'enquête réalisée cet été par l'institut gfs.bern sur mandat de Credit Suisse et publiée mercredi. Pour 15% des sondés, la problématique des transports vient en tête des priorités.

Le débat a été entretenu en juin, avec le rejet à 70,8% de l'initiative "pour un financement équitable des transports" - dite "Vache à lait" - lancée par le lobby routier. Et la discussion se poursuit, avec la votation en février prochain sur le Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA).

Le chômage en 1976

Depuis 2013, le quatuor de tête reste inchangé au baromètre des préoccupations. Comme c'est le cas depuis plus de dix ans, le chômage, y compris celui des jeunes, figure toujours au premier rang du classement. Mais le sujet ne recueille plus que 45% des suffrages, contre 56% voici un an.

En 2015, le choc de l'abandon du taux plancher franc/euro avait suscité maintes inquiétudes. Or, les conséquences pour l'économie domestique se sont avérées moins dramatiques que prévu. Les craintes pour l'emploi ont donc diminué, tout comme celles d'un ravivement de la crise de l'euro et de la pression qui en résulterait sur la devise helvétique.

Pas moins de 97% des sondés pensent que l'économie suisse a pris l'avantage sur l'étranger. Pour 18% d'entre eux, la conjoncture intérieure s'est même améliorée en 2016, même si la majorité (63%) ne perçoit pas de changement d'un an à l'autre.

En 1976, lors du premier baromètre jamais réalisé, perdre son emploi dominait déjà la liste des préoccupations avec 75% des réponses, constate Credit Suisse dans cette 40e édition. Le pays connaissait alors une année de tensions sur le plan économique. Le franc fort préoccupait et 81% des sondés jugeaient urgent de juguler l'inflation.

Sujets moins virulents

Aujourd'hui, comme les trois années précédentes, les étrangers et leur intégration, ainsi que la libre circulation des personnes se maintiennent au second rang du baromètre avec 36% des réponses. Suivent la prévoyance vieillesse (28%) et le rapport avec les réfugiés en particulier (26%).

Si les "grands" problèmes se ressemblent, leur virulence s'est apaisée avec le temps, constatent les experts de Credit Suisse. Par le passé, deux ou trois thèmes principaux prédominaient. Aujourd'hui, ils ont cédé du terrain à de nombreuses préoccupations, mais plus petites, analysent-ils.

En comparaison historique, la protection de l'environnement tenait le deuxième rang en 1976, devant la prévoyance professionnelle et la charge fiscale. La puissance des banques suscitait elle aussi la polémique. Quarante ans plus tard, l'environnement, l'inflation, la formation, la conjoncture, la construction de logements et les gros banquiers ont disparu du "top 10".

Avantage après le Brexit

En 2016, les rapports avec l'Union européenne (UE) gardent une place de choix dans l'opinion publique. Les Suisses ne sont pas restés insensibles au "oui" britannique lors du référendum du 23 juin sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE (Brexit). Une majorité (54%) y voit un avantage pour la position helvétique dans les négociations en cours.

Dans ce dossier, le soutien à la voie bilatérale s'est d'ailleurs encore accentué cette année. En effet, 81% des sondés citent pour première ou deuxième priorité le maintien des accords bilatéraux, tandis que 19% en souhaitent la résiliation. Avec 10% de réponses, l'adhésion à l'UE a moins la cote.

Jadis, les Suisses voyaient l'identité nationale presque exclusivement menacée par des facteurs extérieurs. Désormais, les problèmes intérieurs constituent des risques comparables. Un tiers des répondants juge l'identité "très menacée" par l'immigration, 31% voient la principale menace dans la montée de l'égoïsme, 22% dans l'UE et autant dans la polarisation politique du pays.

sda-ats

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