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Le transfert de migrants venant de la Grèce vers la Suisse est bloqué, car l'UE refuse de prendre en charge les frais de voyage (image symbolique).

KEYSTONE/TI-PRESS/CARLO REGUZZI

(sda-ats)

Les trente premiers requérants d'asile venant de Grèce vont prochainement arriver en Suisse. Ces transferts ont lieu dans le cadre du programme de répartition de l'Union européenne (UE). Ils se font au compte-gouttes, car l'UE refuse de payer les coûts de voyage.

Parmi les 30 personnes venant de Grèce, la majorité d'entre elles sont touchées par le conflit en Syrie, précise à l'ats Gieri Cavelty, chef de la communication auprès du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). Il revenait sur une information de la NZZ am Sonntag.

Participant volontairement au programme de l'UE, qui prévoit de répartir 160'000 migrants au total, la Suisse s'est engagée à en accueillir 900 en provenance d'Italie et 600 de Grèce. Jusqu'à présent, moins d'un dixième du quota est arrivé en Suisse.

Le transfert de personnes venant de la République hellénique sur sol helvétique est bloqué, car l'UE refuse de prendre en charge les frais de voyage, explique M. Cavelty. L'UE paie les transferts vers d'autres pays, mais ne souhaite pas faire de même lorsqu'il s'agit de la Suisse. Concernant les 30 personnes venant de Grèce, la Confédération assume les frais de voyage, ajoute-t-il.

Les autorités fédérales sont en contact avec la commission européenne, afin que le programme de relocalisation vers la Suisse soit repris dès que possible, assure le SEM.

Au compte-gouttes

L'arrivée de migrants venant d'Italie n'est pas beaucoup plus rapide, puisque seules 72 sur les 900 personnes prévues ont foulé le sol suisse. Fin août, le SEM annonçait la venue de 200 d'entre elles en septembre.

D'après Gieri Cavelty, la Suisse a pour le moment accepté de prendre en charge 460 personnes, 30 de la Grèce et 430 d'Italie. Selon les chiffres du SEM, 112 se trouvent en terre helvétique. D'autres arrivées auront lieu au cours des prochaines semaines et mois, dès que les dossiers auront été vérifiés et les transferts organisés, ajoute le porte-parole.

Il est difficile de prévoir le rythme de ces transferts, mais ils devraient se faire par tranches de 30 à 40 personnes, estime M. Cavelty.

Procédure habituelle

Ces personnes, principalement des Syriens, Erythréens et Irakiens, obtiennent l'asile ou une admission provisoire dans l'UE trois fois sur quatre en raison de la situation difficile reconnue dans leur pays d'origine.

Une fois en Suisse, elles suivent une procédure d'asile standard. Les chances que leurs demandes soient acceptées sont plutôt bonnes. Quant au choix d'un canton où elles seront envoyées, il se fait selon la clé de répartition habituelle.

L'UE avait opté pour la répartition de 160'000 réfugiés durant l'été 2015. Le projet avance toutefois lentement: seuls près de 3000 d'entre eux ont rejoint d'autres pays de l'UE, avait annoncé mi-juillet la Commission européenne.

Engagement humanitaire

Le 19 septembre, le Conseil fédéral a fait état de l'engagement de la Suisse dans le conflit en Syrie. Depuis début 2011, la Confédération a accueilli 4200 victimes de la guerre. Elles ont pu entrer grâce aux facilités en matière de visas accordés temporairement aux ressortissants syriens.

Face à l'afflux constant de migrants, le gouvernement a autorisé en mars 2015 l'accueil de 3000 personnes supplémentaires, de manière échelonnée et sur trois ans, en provenance de Syrie. Ce contingent inclut les 1500 migrants à relocaliser dans le cadre du programme de répartition de l'UE.

sda-ats

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