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La présence des hautes écoles et des universités en Suisse sont un critère de localisation essentiel pour l'avenir, selon les entreprises sondées par KPMG (archives).

KEYSTONE/MARTIN RUETSCHI

(sda-ats)

Les multinationales étrangères qui ont choisi de s'implanter en Suisse pour ses qualités commencent à s'inquiéter. Une majorité d'entre elles estime que l'attractivité du pays est toujours plus menacée, selon une étude publiée mardi par KPMG.

L'imposition est l'un des critères principaux mis en avant par les multinationales sondées. Près de 7 entreprises sur 10 indiquent que le système fiscal suisse attractif a été le motif de leur implantation, précise KPMG dans son communiqué. La plupart bénéficient d'un statut fiscal spécial.

Mais 58% des 850 multinationales interrogées par la société d'audit et de conseil sont convaincues que la Suisse va perdre ses atouts en la matière et devoir adopter à l'avenir les standards d'imposition internationaux restrictifs de l'UE et de l'OCDE.

Les entreprises critiquent également le niveau élevé des coûts en Suisse, en particulier les coûts salariaux (60%). Quarante-sept pour cent craignent les effets du franc fort.

Crainte pour l'immigration

Les multinationales sont également inquiètes de la mise en oeuvre de l'initiative contre l'immigration de masse. Elles estiment que la restriction de la libre circulation des personnes avec l'Union européenne va pénaliser l'attrait de la Suisse et limiter son accès aux collaborateurs hautement qualifiés venant de pays tiers.

Près de la moitié des cadres sont convaincus que de nouvelles restrictions du marché du travail pour le personnel étranger poseront d'énormes problèmes aux entreprises à moyen terme.

A peu près un quart (26%) des entreprises considère les incertitudes causées par les initiatives populaires comme un problème.

La souplesse du droit du travail suisse est en revanche saluée par les entreprises. Si 47% pensent que la Suisse conservera son avantage compétitif dans ce domaine les trois prochaines années, près de 30% sont d'avis que la réglementation croissante des rapports de travail rendra leur activité plus difficile.

Problème d'innovation

Seule une minorité des entreprises étrangères considère la force d'innovation comme un critère de localisation. Quarante-quatre pour cent d'entre elles pensent que leur entreprise deviendra plus innovante en Suisse, 35% sont d'avis que la Suisse se démarquera des autres pays par sa capacité d'innovation dans les prochaines années et 30% des entreprises sondées voient dans les universités et les hautes écoles helvétiques un avantage essentiel.

Pour 42% des sondés, la Suisse bénéficie de sa situation géographique centrale. Les multinationales ont majoritairement tendance à élire domicile dans le voisinage de leurs concurrents ainsi qu'à proximité immédiate des aéroports internationaux. Ainsi, la région de Zurich et la région lémanique, incluant Genève, Fribourg, Vaud et Valais, sont plébiscitées.

Environ trois quarts des entreprises qui ont fondé des filiales en Suisse viennent de l'Amérique du Nord et de l'Europe. La plupart des groupes sont issus de la branche de l'industrie et des sciences de la vie (pharmaceutique, biotechnologie et technique médicale) ou du secteur des matières premières.

KPMG a mené son étude en collaboration avec l'IMD, Switzerland Global Enterprise et la Chambre de Commerce Suisse-Etats-Unis. Plus de 850 entreprises sous contrôle étranger ayant établi en Suisse des activités suprarégionales ont été interrogées.

sda-ats

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