Le franc fort pose toujours un problème existentiel aux petites et moyennes entreprises (PME) de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), selon une étude. Ce facteur pèse massivement sur les marges.

En conséquence, la Banque nationale suisse (BNS) doit viser un objectif de taux de change stratégique franc/euro compris entre 1,18 et 1,20, selon une étude publiée mardi par l’Université de Saint-Gall, sur mandat de l'organisation faîtière des PME de l'industrie MEM Swissmechanic et du syndicat Unia. Actuellement, un euro s'échange contre 1,1652 franc.

"Par sa politique axée sur la place financière, la BNS a entravé le développement de l'industrie suisse", a dénoncé à l'occasion d'une conférence de presse commune à Berne Corrado Pardini, responsable du secteur industrie d'Unia. Citant l'étude, ce dernier estime que l'industrie aurait créé presque 100'000 nouveaux emplois depuis 2010 si l'institut d'émission n'avait pas "sciemment encouragé la surévaluation du franc".

"Constat alarmant"

Quelque 200 entreprises membres de Swissmechanic ont été interrogées dans le cadre de cette étude et leur constat est "alarmant". Pour elles, la force du franc constitue de loin le plus grand problème local, avec un impact négatif sur l'emploi dans près de 40% des sociétés sondées.

Pour la même raison, les marges se sont en outre dégradées dans plus de 50% des entreprises durant la période entre 2014 et 2016. Près de la moitié des sociétés affichent une marge bénéficiaire inférieure à 5%, "ce qui n'est pas supportable à long terme", s'inquiètent Swissmechanic et Unia. Et 10% d'entre elles enregistrent même des pertes.

Le passé peut se répéter avec un nouveau choc du franc fort, a prévenu le directeur de l'étude Franz Jaeger. "Nous avons toujours un problème avec le franc et la probabilité qu'il pose de nouvelles difficultés est grande", a souligné le professeur émérite de l'Université de Saint-Gall.

Financement et formation

Aux problèmes de change s'ajoutent encore des difficultés de financement pour de nombreuses PME. En 2015, une entreprise sur cinq s'est vu refuser un crédit pour financer ses activités. Depuis lors, c'est une société sur huit.

Pour résoudre ce problème, les auteurs de l'étude conseillent d'envisager des formes de financement alternatives au crédit bancaire. Il s'agit également de faire connaître et d'améliorer le système de cautionnement en faveur des PME en l'utilisant également dans un cadre non bancaire.

Au vu des défis que représente la numérisation, il convient par ailleurs de renforcer la formation professionnelle et continue comme base d'innovation. Les frais de formation privée et spécifique à l'entreprise doivent ainsi pouvoir être déductibles des impôts et une décharge fiscale des sociétés doit être envisagée pour les projets d'innovation et de recherche, conseillent les auteurs de l'étude.

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