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La chute d'Al Sakhour risque de couper en deux la partie rebelle de la ville.

KEYSTONE/AP Thiqa News Agency

(sda-ats)

La bataille pour le contrôle d'Alep, la deuxième ville de Syrie, tourne nettement à l'avantage du régime. L'armée régulière syrienne et ses supplétifs s'emparent un à un des quartiers contrôlés par les rebelles tandis que des milliers d'habitants fuient les combats.

La progression des forces du régime s'est accélérée avec la capture samedi du quartier de Massaken Hanano, le plus grand d'Alep-Est. L'armée s'est ainsi ouvert une voie pour prendre le contrôle lundi des quartiers de Sakhour, Haydariyé et Cheikh Khodr, lui permettant de couper Alep-Est en deux, selon les médias officiels syriens. Les soldats s'employaient à neutraliser les mines, ajoute la télévision publique.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition syrienne, a confirmé cette avancée des troupes de Bachar al-Assad et la reconquête de tout le nord-est d'Alep. Les rebelles essuient ainsi "leur plus grand revers depuis 2012", a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

Les Kurdes avancent

"L'aviation détruit tout méthodiquement, zone par zone", s'est indigné dimanche Yasser Al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, un des principaux d'Alep. "Si on n'interdit pas à cette aviation de bombarder, elle détruira ce qui reste de la ville d'Alep, quartier après quartier".

Les forces kurdes ont de leur côté profité de la déroute des rebelles pour contrôler le quartier de Cheikh Fares, selon l'OSDH. Les Kurdes, qui contrôlent une vaste zone dans le nord de la Syrie, ne sont théoriquement alliés ni de Damas ni des rebelles, mais l'opposition les accuse de coopérer avec le régime.

Début d'exode

Les combats des derniers jours ont provoqué un début d'exode des quelque 250'000 habitants d'Alep-Est. Près de 10'000 d'entre eux ont fui ce week-end, dont 6000 vers la petite enclave de Cheikh Maqsoud contrôlée par les forces kurdes, et le reste vers les zones gouvernementales, selon l'OSDH.

"C'est le premier exode de ce genre à Alep-Est" depuis plus de quatre ans, a indiqué Rami Abdel Rahmane. Cette organisation basée à Londres dispose d'un réseau d'informateurs en Syrie. Depuis le début du conflit en 2011, elle livre des informations considérées comme fiables dans une situation où les sources indépendantes font défaut.

Assiégée depuis juillet

Les civils d'Alep-Est vivent dans des conditions extrêmement difficiles, manquant de vivres et de médicaments, en raison du siège imposé depuis juillet par le régime et des bombardements incessants dénoncés par l'ONU.

L'offensive lancée le 15 novembre a fait au moins 225 morts parmi les civils, dont 27 enfants, à Alep-Est, selon un bilan établi dimanche par l'OSDH. Les rebelles ont parallèlement tué au moins 27 civils en tirant sur les zones gouvernementales d'Alep-Ouest.

sda-ats

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