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"Sommes-nous [désormais] condamnés à des décennies de rafistolage atomique, en priant le ciel que nos vieilles casseroles tiennent bon?", s'interroge La Tribune de Genève. Beznau I est à l'arrêt depuis mars 2015 (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Le rejet de l'initiative des Verts "Sortir du nucléaire" dimanche à 54,2% ne signifie pas que les Suisses remettent en question la stratégie énergétique 2050, analyse lundi la presse helvétique. Simplement qu'ils veulent du temps pour planifier la transition.

"La majorité n'a pas souhaité que la question des énergies de remplacement devienne une réalité crue à la fin de l'année prochaine", constate Le Temps. "La peur de manquer d'électricité a été plus forte que la peur du nucléaire", résume le Quotidien jurassien.

Mais "ce report aux calendes grecques d'un problème majeur pour la Suisse est des plus inquiétants", dénonce Le Matin. Cette "absence de couperet clair permet de laisser à l'administration, à la science, à la technologie et surtout aux réalités économiques le soin de dicter l'agenda", explique 24Heures.

Pour Le Matin, cela révèle même d'"une forme d'irresponsabilité des hommes et des femmes politiques d'aujourd'hui sur cette question, qui cèdent à des profits à court terme et sectoriels".

Heures comptées

"Sommes-nous [désormais] condamnés à des décennies de rafistolage atomique, en priant le ciel que nos vieilles casseroles tiennent bon?", s'interroge alors La Tribune de Genève.

La réponse de la presse helvétique est unanime. Le glas sonnera bientôt, tranche Le Courrier. "Mühleberg fermera en 2019, Beznau I et Leibstadt sont actuellement à l'arrêt. [...] Les heures de l'énergie atomique sont en fait comptées".

Car "même si le peuple a maintenu sa confiance dans la politique énergétique, l'heure n'est plus à l'aventure et aux surprises en matière d'alimentation électrique", écrit la Neue Zürcher Zeitung. Il donne simplement "plus de temps à (la ministre de l'énergie) Doris Leuthard pour une sortie du nucléaire", constate le Blick.

L'initiative a obtenu un soutien "bien plus large que le socle électoral de la gauche rose-verte", notent La Liberté, L'Express et L'Impartial. Ainsi, "le résultat reflète une large résistance au nucléaire, détaillent le Tages-Anzeiger et le Bund.

Référendum

Pour dépassée qu'elle soit, cette filière ne se laissera pas enterrer sans autre, avertit toutefois Le Courrier. Les regards se tournent maintenant du côté de l'UDC qui a lancé un référendum pour combattre la stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral.

Car le parti continue de croire au nucléaire. Et ce même si durant la campagne les exploitants électriques "ont mis à jour leurs difficultés financières et le coût toujours plus élevé du maintien des centrales en activité", relève 24Heures. Sans compter le retrait des demandes de construction de nouvelles centrales des investisseurs actuels, abonde Le Temps.

L'UDC "aura beau jeu de dénoncer le coût de la transition énergétique", avertissent ainsi La Liberté, L'Express et L'Impartial. Certes, celle-ci a un prix, admettent les trois quotidiens, mais "soyons sérieux, quelle est l'alternative?".

sda-ats

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