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Les centres spécifiques ne sont pas des structures fermées (image symbolique).

KEYSTONE/ALEXANDRA WEY

(sda-ats)

La Confédération ouvrira le premier centre spécifique dans le cadre des procédures d'asile accélérées aux Verrières (NE). D'une capacité maximale de 60 personnes, il accueillera les requérants qui perturberaient le fonctionnement des centres fédéraux.

La Confédération, le canton de Neuchâtel et la commune des Verrières ont signé une déclaration d'intention et conclu une convention fixant les conditions de gestion et d'occupation du centre, indique le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) mardi soir dans un communiqué. A cette occasion, la population verrisane a été conviée à une séance d'information.

Une centaine de citoyens est venue écouter ces explications à la salle et a réservé un accueil à tout le moins mitigé au projet. "Notre futur Guantanamo", "une prison devant chez nous", souffle-t-on dans la salle.

Requérants perturbateurs

Au nombre de deux en Suisse, les centres spécifiques doivent accueillir les requérants d'asile qui perturbent le bon fonctionnement des centres fédéraux ou se comportent de manière à troubler l'ordre public ou à porter atteinte à la sécurité, explique le SEM.

"Ce ne sont pas des criminels, ni des délinquants", a plaidé la vice-directrice du SEM, Barbara Büschi. "Ces cas-là sont du ressort de la police".

Le centre des Verrières est le premier, mais la date de son ouverture n'est pas encore fixée. Le second se trouvera en Suisse alémanique. Son emplacement est en discussion. "On est vos cobayes", entend-on dans les rangs.

Durant la première année, le centre des Verrières n'hébergera pas plus de 20 personnes, uniquement des hommes, avant d'atteindre progressivement la capacité maximale de 60 places.

La révision de la loi sur l'asile a été approuvée par le peuple en juin. Elle prévoit que tous les acteurs de l'asile soient réunis dans de grands centres fédéraux afin d'y mener les procédures plus rapidement et de libérer plus vite des capacités parmi les 5000 places prévues. Les demandeurs d'asile bénéficieront en outre d'une assistance juridique gratuite.

Maximum 140 jours

Les requérants pourront séjourner au maximum 140 jours dans les centres spécifiques, qui ne sont pas des structures fermées, souligne le SEM. Ils seront, sous autorisation, libre de quitter le centre de 09h00 à 17h00. Des barrières seront installées autour du site. Le personnel d'encadrement et de sécurité y sera renforcé.

Et c"est bien là que les riverains, nombreux dans la salle, se posent le plus de questions. "Il y a souvent des femmes seules dans les fermes", ont imagé plusieurs riverains, rappelant l"éloignement de la police en cas de problème. "Quelles garanties pouvez-vous nous donner?"

"La sécurité du centre peut aussi intervenir à l"extérieur du périmètre en attendant l"arrivée de la police", a précisé le policier Olivier Gallet. Tandis que plusieurs membres du SEM, de la police et responsables de centres ont rappelé que de tels cas sont très rares, grâce aux structures mises en place et à l"expérience de la Confédération dans le domaine.

Avantages

Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, les personnes séjournant dans ces établissements seront assignées à un lieu de résidence et interdites d'entrer dans une région déterminée.

Les autorités fédérales ont acquis un bien immobilier sis aux Grands-Cernets auprès d'un propriétaire privé. Elles ne prévoient pas de construction supplémentaire, néanmoins des travaux de transformation et d'adaptation aux normes doivent être réalisés. Coûts et calendriers de ces travaux ne sont pas encore communiqués.

La commune des Verrières aura quelques avantages à héberger pareil centre. Si les autorités ne communiquent pas de chiffres, il s'agit de soutiens financiers et de services (entretien de la route d'accès par exemple). Le canton y gagnera aussi, réduisant son quota d'accueil de 24 places par année et percevant une subvention pour la sécurité de 132'000 francs par an.

sda-ats

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