De nouvelles manifestions ont eu lieu samedi en Inde contre une loi facilitant l'obtention de la nationalité indienne par des réfugiés à condition qu'il ne soient pas musulmans. La police a arrêté 85 personnes.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi à New Delhi, appelant le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi à renoncer à cette loi qui, selon ses opposants,"diviserait notre pays séculaire sur des critères religieux".

Les manifestations ont été marquées par des épisodes de violence dans l'Etat du Bengale occidental, où au moins 20 autobus et deux gares ont été incendiés. Des pneus enflammés ont été jetés sur les rails et des routes bloquées des manifestants.

A Guwahati dans l'Etat d'Assam, où la police avait ouvert le feu jeudi sur une foule de protestaires, tuant deux personnnes et faisant 26 blessés, plusieurs centaines de personnes ont assisté vendredi aux funérailles d'un des morts, Sam Stafford, 18 ans.

"Nous avons suivi les informations la journée entière à la télévision mais mon neveu a quitté la maison le soir. Nous lui avons demandé de ne pas y aller, mais il s'y est rendu avec ses amis", a raconté à l'AFP la tante de l'étudiant tué.

Internet coupé

85 personne ont été arrêtées dans le cadre des manifestations, a déclaré samedi soir le chef de la police de l'Assam à l'agence de presse Press Trust of India.

Craignant de nouvelles manifestations, les autorités ont prolongé jusqu'à lundi une coupure d'internet dans l'Assam. La plus grande partie des commerces étaient fermés mais les habitants se sont ravitaillés samedi pour faire des stocks à la faveur d'une levée du couvre-feu dans la journée.

Le Premier ministre indien et son homologue japonais Shinzo Abe ont reporté une réunion qui devait initialement avoir lieu à partir de dimanche à Guwahati, tandis que les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont recommandé la prudence à leurs ressortissants envisageant un déplacement dans le nord-est de l'Inde.

Flambées de colère

La nouvelle loi facilite l'attribution de la citoyenneté indienne aux réfugiés d'Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, à condition qu'ils ne soient pas musulmans. Elle concerne des minorités religieuses dont les hindous et les sikhs.

L'opposition et des organisations de défense des droits de l'homme estiment que cette loi fait partie du programme nationaliste de M. Modi visant selon elles à marginaliser les 200 millions d'Indiens musulmans.

Samedi, un proche collaborateur de M. Modi, Amit Shah, a tenté de rassurer les habitants des Etats du nord-est, affirmant que le gouvernement protègerait leur "culture, leur identité sociale, leur langue et leurs droits politiques".

Le vote de la loi a donné lieu cette semaine à des flambées de colère dans les deux chambres du parlement, un député allant jusqu'à la comparer aux lois anti-juives promulguées par le régime nazi en Allemagne dans les années 1930.

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