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A partir du 1er février 2017, PostFinance prélèvera un taux d'intérêt négatif auprès de ses clients détenteurs de plus de 1 million de francs. Les petits épargnants ne sont pas touchés (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

A l'image d'autres grandes banques suisses, PostFinance introduit à son tour des taux d'intérêt négatifs pour ses clients privés fortunés. Pour les montants supérieurs à un million de francs, les épargnants devront dès février 2017 payer une commission de 1%.

Jusqu'ici calculée sur une base individuelle, cette commission sera généralisée à tous les détenteurs de plus de 1 million de francs. Les avoirs de l'ensemble des comptes privés et d'épargne seront pris en compte dans ce calcul.

Cette mesure découle des avoirs en compte de virement détenus par PostFinance auprès de la Banque nationale suisse (BNS), explique vendredi la filiale de La Poste dans un communiqué. Ceux-ci dépassent le montant exonéré de l'intérêt négatif, ce qui a déjà coûté cette année à PostFinance plus de 10 millions de francs en taux négatifs.

Depuis le 22 janvier 2015, la BNS prélève en effet un taux d'intérêt négatif de 0,75% sur les avoirs en compte de virement qui dépassent la limite des 35 millions de francs. Son objectif est de rendre les placements en francs moins attractifs afin d'éviter un renforcement de la devise helvétique.

Disposant d'une licence bancaire depuis 2013 et faisant partie des cinq établissements d'importance systémique ("trop grands pour faire faillite"), PostFinance compte près de 3 millions de clients. A l'instar d'autres banques, la filiale de La Poste exigeait déjà des taux négatifs de certains de ses clients fortunés. Les petits épargnants restent, eux, à l'abri de cette mesure.

L'exception de la Banque alternative

Mais ce n'est pas le cas pour les clients de la Banque alternative suisse (BAS), qui a été la première à introduire, début 2016, un taux d'intérêt négatif pour ses clients. Il s'élève à 0,125% sur les comptes courants pour les transactions financières privées. Avec ses 30'000 clients, la BAS est toutefois un petit acteur du secteur bancaire.

D'une manière générale, les banques helvétiques évitent de frapper leurs clients de taux punitifs, craignant des réactions négatives et un dégât d'image. Elles se rattrapent en revanche avec des marges plus élevées sur les crédits et les hypothèques, ce que ne peut pas faire PostFinance, qui n'est pas autorisée à octroyer des crédits.

Autres mesures

Outre la commission introduite pour les montants de plus d'un million de francs, PostFinance baisse aussi les taux sur les comptes à partir du 1er janvier. Pour un compte d'épargne jeunesse par exemple, le taux passera de 0,8% à 0,55%, alors que pour un compte de libre passage (2e pilier), il reculera de 0,2% à 0,05%.

Les clients domiciliés à l'étranger passent aussi à la caisse: les frais sur les comptes privés et commerciaux passeront de 15 francs à 25 francs par mois. PostFinance justifie cette hausse par le "gros travail administratif" engendré par l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2017, de l'échange automatique de renseignements (EAR) de la Suisse avec divers Etats tiers.

Les frais pour l'encaissement de chèques subissent eux aussi une hausse.

En raison des taux d'intérêt bas, PostFinance vient par ailleurs d'annoncer une adaptation de sa stratégie, avec des suppressions de postes à la clé. Le plan de détail sera étudié jusqu'au 1er juillet 2017, mais l'institut financier n'avance encore aucun chiffre concernant le nombre d'emplois concernés.

sda-ats

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