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A Brasilia, la séance du Sénat devait permettre d'auditionner vendredi six témoins en faveur de Dilma Rousseff.

KEYSTONE/EPA EFE/CADU GOMES

(sda-ats)

Au deuxième jour du procès en destitution de la présidente du Brésil, la session a été momentanément suspendue vendredi à la mi-journée. Des sénateurs pro et anti Dilma Rousseff se sont insultés et ont failli en venir aux mains.

L'issue du procès, attendue mardi ou mercredi, ne fait guère de doute. Une nette tendance se dégageant en faveur de la destitution, qui requiert un vote des deux tiers des sénateurs, soit 54 sur 81.

"Je vais user de mon pouvoir de police pour exiger le respect mutuel", a menacé le président du Tribunal suprême fédéral (STF) Ricardo Lewandowski, qui dirige les débats, avant de suspendre la séance. Il a conseillé aux sénateurs d'aller déjeuner pour se calmer.

La séance doit permettre de procéder à l'audition des six témoins en faveur de la dirigeante de gauche. Mais au bout d'une heure et demie, aucun n'avait encore été entendu dans l'hémicycle transformé en "asile de fous", pour reprendre les termes du président du Sénat, Renan Calheiros (PMDB, centre droit).

"Cette session est une démonstration (du fait) que la bêtise est infinie", a lancé M. Calheiros. Il visait tout particulièrement la sénatrice Gleisi Hoffmann du Parti des Travailleurs (PT) de Mme Rousseff qui avait qualifié le procès de "farce".

Les débats ont repris en début d'après-midi avec l'audition du premier des six témoins, l'économiste et conseiller de la présidente Luiz Gonzaga Belluzzo. Deux anciens ministres de Mme Rousseff, Nelson Barbosa (Economie) et Luiz Costa (Education), et des experts en droit et en économie devraient aussi s'exprimer.

Dépenses imprévues

Dilma Rousseff, 68 ans, première femme élue à la tête du Brésil, n'assume déjà plus ses fonctions depuis le 12 mai. Ce jour-là, un vote de plus des deux tiers des sénateurs l'avait suspendue.

Son "crime de responsabilité", selon ses détracteurs ? Avoir maquillé les comptes publics pour camoufler un déficit trop important et avoir signé des décrets engageant des dépenses imprévues sans l'accord préalable du Parlement, une pratique à laquelle ses prédécesseurs avaient largement eu recours.

Rousseff clame son innocence

La présidente dénonce un "coup d'Etat" institutionnel ourdi par le principal bénéficiaire de la manoeuvre: Michel Temer, 75 ans, son ancien vice-président devenu son rival. Tout aussi impopulaire qu'elle, l'homme fort du PMDB exerce déjà la présidence par intérim. Il restera aux manettes jusqu'aux prochaines élections présidentielle et législatives fin 2018 si Mme Rousseff est destituée.

Dilma Rousseff, qui n'a cessé de clamer son innocence depuis le début de la procédure en décembre dernier, se défendra en personne lundi devant le Sénat. Selon les analystes, elle s'adressera plus à la nation pour défendre son gouvernement et son image que pour convaincre les sénateurs qui se sont déjà fait leur idée.

Système de rétrocommissions

L'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva l'accompagnera pour la soutenir bien que lui-même soit inculpé de "tentative d'entrave à la justice" dans le scandale de corruption touchant le géant public pétrolier Petrobras. Une affaire qui a éclaboussé tout autant le PT que le parti de M. Temer et la majeure partie de l'élite politique brésilienne.

Par ailleurs, la police fédérale brésilienne a inculpé vendredi l'ancien président Lula pour corruption et blanchiment d'argent dans le cadre d'une enquête liée au scandale de corruption au sein du géant pétrolier d'Etat Petrobras.

Les enquêteurs de la ville de Curitiba, dans le sud du Brésil, accusent Lula et son épouse d'avoir reçu 2,4 millions de reals (environ 727'000 francs) de la part du groupe de construction OAS dans le cadre d'un vaste système de rétrocommissions alors en vigueur au sein de la compagnie Petrobras, a rapporté vendredi le journal Estado De S. Paulo.

sda-ats

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